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	<title>Génération Benoit XVI</title>
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		<title>Génération Benoit XVI</title>
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		<title>« Enracinés dans le Christ. » Message pour la JMJ de Madrid en 2011</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Enracines-dans-le-Christ-Message.html</link>
		<date>2010-09-06 17:05:43</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton611.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;440&quot; height=&quot;300&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Chers jeunes,
Très souvent je repense aux Journées mondiales de la Jeunesse de Sydney en 2008. Nous y avons vécu une grande fête de la foi, durant laquelle l'Esprit de Dieu a agi avec puissance, créant une intense communion entre tous les participants, venus du monde entier. Ce rassemblement, comme les précédents, a porté des fruits abondants dans la vie de nombreux jeunes et de l'Église entière. A présent notre regard se tourne vers la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse, qui aura lieu à Madrid en août 2011. Déjà, en 1989, quelques mois avant la chute historique du mur de Berlin, le pèlerinage des jeunes faisait étape en Espagne, à Saint-Jacques-de-Compostelle. A présent, à l'heure où l'Europe a un très grand besoin de retrouver ses racines chrétiennes, nous avons rendez-vous à Madrid, avec le thème : « Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi (cf. Col 2, 7) ». Je vous invite donc à cet événement si important pour l'Église en Europe et pour l'Église universelle. Et je voudrais que tous les jeunes, aussi bien ceux qui partagent notre foi en Jésus Christ, que ceux qui hésitent, doutent ou ne croient pas en Lui, puissent vivre cette expérience qui peut être décisive pour leur vie : faire l'expérience du Seigneur Jésus ressuscité et vivant, et de son amour pour chacun de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1/ Aux sources de vos plus grandes aspirations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A chaque époque, et de nos jours encore, de nombreux jeunes sont habités par le profond désir que les relations entre les personnes soient vécues dans la vérité et dans la solidarité. Beaucoup manifestent l'aspiration à construire de vraies relations d'amitié, à connaître un amour vrai, à fonder une famille unie, à atteindre une stabilité personnelle et une réelle sécurité, qui puissent leur garantir un avenir serein et heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, me souvenant de ma jeunesse, je sais bien que stabilité et sécurité ne sont pas des questions qui occupent le plus l'esprit des jeunes. S'il est vrai que la recherche d'un emploi qui permette d'avoir une situation stable est un problème important et urgent, il reste que la jeunesse est en même temps l'âge de la recherche d'un grand idéal de vie. Si je pense à mes années d'alors, nous voulions simplement ne pas nous perdre dans la normalité d'une vie bourgeoise. Nous voulions ce qui est grand, nouveau. Nous voulions trouver la vie elle-même dans sa grandeur et sa beauté. Bien sûr, cela dépendait aussi de notre situation. Durant la dictature du national-socialisme et la guerre nous avons été, pour ainsi dire, « enfermés » par le pouvoir dominant. Nous voulions donc sortir à l'air libre et entrer dans toutes les potentialités de l'être humain. Je crois que, dans un certain sens, cet élan qui pousse à sortir de l'habitude existe à toutes les générations. Désirer quelque chose de plus que la routine quotidienne d'un emploi stable et aspirer à ce qui est réellement grand, tout cela fait partie de la jeunesse. Est-ce seulement un rêve inconsistant, qui s'évanouit quand on devient adulte ? Non, car l'homme est vraiment créé pour ce qui est grand, pour l'infini. Tout le reste est insuffisant, insatisfaisant. Saint Augustin avait raison : notre c&#339;ur est inquiet tant qu'il ne repose en Toi. Le désir d'une vie plus grande est un signe du fait qu'Il nous a créés, que nous portons son « empreinte ». Dieu est vie, et pour cela, chaque créature tend vers la vie. De façon unique et spéciale, la personne humaine, faite à l'image et la ressemblance de Dieu, aspire à l'amour, à la joie et à la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous comprenons alors que c'est un contresens de prétendre éliminer Dieu pour faire vivre l'homme ! Dieu est la source de la vie : l'éliminer équivaut à se séparer de cette source et, inévitablement, se priver de la plénitude et de la joie : « en effet, la créature sans Créateur s'évanouit » (Concile &#338;cum.Vatican II, Const. Gaudium et Spes, 36). La culture actuelle, dans certaines régions du monde, surtout en Occident, tend à exclure Dieu ou à considérer la foi comme un fait privé, sans aucune pertinence pour la vie sociale. Alors que toutes valeurs qui fondent la société proviennent de l'Evangile - comme le sens de la dignité de la personne, de la solidarité, du travail et de la famille -, on constate une sorte d' « éclipse de Dieu », une certaine amnésie, voire un réel refus du christianisme et un reniement du trésor de la foi reçue, au risque de perdre sa propre identité profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour cette raison, chers amis, je vous invite à intensifier votre chemin de foi en Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Vous êtes l'avenir de la société et de l'Église ! Comme l'apôtre Paul l'écrivait aux chrétiens de la ville de Colosse, il est vital d'avoir des racines, des fondements solides ! Et cela est particulièrement vrai aujourd'hui, quand beaucoup de jeunes n'ont pas de repères stables pour construire leur vie, ce qui engendre en eux une grande insécurité. Le relativisme ambiant, qui consiste à dire que tout se vaut et qu'il n'y a aucune vérité ni aucun repère absolu, n'engendre pas la vraie liberté mais instabilité, déception, conformisme aux modes du moment. Vous, les jeunes, vous avez le droit de recevoir des générations qui vous précèdent des repères clairs pour faire vos choix et construire votre vie, comme une jeune plante a besoin d'un tuteur, durant le temps nécessaire pour pousser des racines, pour devenir un arbre solide, capable de donner du fruit.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2/ Enracinés et fondés dans le Christ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour mettre en lumière l'importance de la foi en Dieu dans la vie des croyants, je voudrais m'arrêter sur les trois expressions employées par saint Paul dans cette citation : « Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi ». Nous pouvons y voir trois images. « Enraciné » évoque l'arbre et les racines qui le nourrissent. « Fondé » se réfère à la construction de la maison. « Affermi » renvoie à la croissance de la force physique ou morale. Ces images sont très parlantes. Avant de les expliquer, je note simplement que dans le texte original grec, il s'agit, du point de vue grammatical, de passifs : cela signifie que c'est le Christ lui-même qui a l'initiative d'enraciner, de fonder et d'affermir les croyants.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La première image est celle de l'arbre, solidement planté au sol par ses racines, qui le stabilisent et le nourrissent. Sans racines, il serait emporté par le vent et mourrait. Quelles sont nos racines ? Il y a bien sûr nos parents, notre famille et la culture de notre pays, qui constituent un aspect très important de notre identité. La Bible en dévoile un autre. Le prophète Jérémie écrit : « Béni l'homme qui se confie dans le Seigneur, dont le Seigneur est la foi. Il ressemble à un arbre planté au bord des eaux, qui tend ses racines vers le courant : il ne redoute rien quand arrive la chaleur, son feuillage reste vert ; dans une année de sécheresse, il est sans inquiétude et ne cesse de porter du fruit. » (Jr 17, 7-8).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Etendre ses racines, c'est donc pour Jérémie mettre sa confiance en Dieu, dans la foi. En Dieu nous puisons notre vie. Sans lui nous ne pouvons pas vivre vraiment. « Dieu nous a donné la vie éternelle et cette vie est dans son Fils » (cf. 1 Jn 5, 11). Et Jésus lui-même se présente comme notre vie (cf. Jn 14, 6). C'est pourquoi la foi chrétienne ne consiste pas seulement à croire en des vérités, mais c'est avant tout [...] une relation personnelle avec Jésus Christ. C'est la rencontre avec le Fils de Dieu qui donne à notre vie un dynamisme nouveau. Quand nous entrons dans une relation personnelle avec Lui, le Christ nous révèle notre propre identité, et, dans cette amitié, la vie grandit et se réalise en plénitude.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a un moment, durant la jeunesse, où chacun de nous se demande : quel sens a ma vie ? Quel but, quelle direction ai-je le désir de lui donner ? C'est une étape fondamentale, qui peut tourmenter l'âme, parfois même longtemps. On pense au genre de travail à entreprendre, aux relations sociales à établir, aux relations sentimentales à développer ... Dans ce contexte, je repense à ma jeunesse. D'une certaine façon, j'ai bien eu conscience que le Seigneur me voulait comme prêtre. Mais ensuite, après la guerre, quand au séminaire et à l'université j'étais en chemin vers ce but, j'ai eu à reconquérir cette certitude. J'ai dû me demander : est-ce vraiment ma voie ? Est-ce vraiment la volonté du Seigneur pour moi ? Serais-je capable de Lui rester fidèle et d'être totalement disponible, à son service ? Prendre une telle décision ne se fait pas sans souffrance. Il ne peut en être autrement. Mais ensuite a jailli la certitude : c'est bien cela ! Oui, le Seigneur me veut, Il me donnera donc la force. En l'écoutant, en marchant avec Lui, je deviens vraiment moi-même. Ce qui importe, ce n'est pas la réalisation de mes propres désirs, mais Sa volonté. Ainsi, la vie devient authentique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De même que l'arbre a des racines qui le tiennent solidement accroché à la terre, de même les fondations donnent à la maison une stabilité durable. Par la foi, nous sommes fondés en Christ (cf. Col 2, 6), comme une maison est construite sur ses fondations. Dans l'histoire sainte, nous avons de nombreux exemples de saints qui ont fondé leur vie sur la Parole de Dieu. Abraham est le premier d'entre eux. Notre « père dans la foi » obéit à Dieu qui lui demandait de quitter la maison de son père pour marcher vers un pays inconnu. « Abraham crut à Dieu, cela lui fut compté comme justice, et il fut appelé ami de Dieu » (Jc 2, 23). Etre fondé en Christ, c'est répondre concrètement à l'appel de Dieu, en mettant notre confiance en Lui et en mettant en pratique sa Parole. Jésus lui-même met en garde ses disciples : « Pourquoi m'appelez-vous : 'Seigneur ! Seigneur !' et ne faites-vous pas ce que je dis ? » (Lc 6, 46). Et, faisant alors appel à l'image de la construction de la maison, il ajoute : « Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond, et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s'est rué sur cette maison, mais il n'a pas pu l'ébranler parce qu'elle était bien bâtie. Mais celui au contraire qui a écouté et n'a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s'est rué sur elle, et aussitôt elle s'est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand ! » (Lc 6, 46-49).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chers amis, construisez votre maison sur le roc, comme cet homme qui « a creusé profond ». Vous aussi, efforcez-vous tous les jours de suivre la Parole du Christ. Ecoutez-le comme l'Ami véritable avec qui partager le chemin de votre vie. Avec Lui à vos côtés, vous serez capables d'affronter avec courage et espérance les difficultés, les problèmes, ainsi que les déceptions et les échecs. Sans cesse vous sont présentées des propositions plus faciles, mais vous vous rendez compte vous-mêmes qu'il s'agit de leurres, qu'elles ne donnent ni sérénité, ni joie. Seule la Parole de Dieu nous indique la voie véritable, seule la foi qui nous a été transmise est la lumière qui illumine notre chemin. Accueillez avec gratitude ce don spirituel que vous avez reçu de votre famille et engagez-vous à répondre de façon responsable à l'appel de Dieu, devenant adultes dans la foi. Ne croyez pas ceux qui vous disent que vous n'avez pas besoin des autres pour construire votre vie ! Appuyez-vous au contraire sur la foi de vos proches, sur la foi de l'Église, et remerciez le Seigneur de l'avoir reçue et de l'avoir faite vôtre !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3/ Affermis dans la foi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Soyez « enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi » (cf. Col 2, 7). La lettre d'où vient cette citation a été écrite par saint Paul pour répondre à un besoin précis des chrétiens de la ville de Colosse. Cette communauté, en effet, était menacée par l'influence de certaines tendances de la culture de l'époque, qui détournaient les fidèles de l'Evangile. Notre contexte culturel, chers jeunes, a de nombreuses ressemblances avec celui des Colossiens d'alors. En effet, il y a un fort courant « laïciste », qui veut supprimer Dieu de la vie des personnes et de la société, projetant et tentant de créer un « paradis » sans Lui. Or l'expérience enseigne qu'un monde sans Dieu est un « enfer » où prévalent les égoïsmes, les divisions dans les familles, la haine entre les personnes et les peuples, le manque d'amour, de joie et d'espérance. A l'inverse, là où les personnes et les peuples vivent dans la présence de Dieu, l'adorent en vérité et écoutent sa voix, là se construit très concrètement la civilisation de l'amour, où chacun est respecté dans sa dignité, où la communion grandit, avec tous ses fruits. Il y a cependant des chrétiens qui se laissent séduire par le mode de penser laïciste, ou qui sont attirés par des courants religieux qui éloignent de la foi en Jésus Christ. D'autres, sans adhérer à de telles approches, ont simplement laissé refroidir leur foi au Christ, ce qui a d'inévitables conséquences négatives sur le plan moral.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux frères contaminés par ces idées étrangères à l'Evangile, l'apôtre Paul rappelle la puissance du Christ mort et ressuscité. Ce mystère est le fondement de notre vie, le centre de la foi chrétienne. Toutes les philosophies qui l'ignorent, le considérant comme « folie » (1 Co 1, 23), montrent leurs limites devant les grandes questions qui habitent le c&#339;ur de l'homme. C'est pourquoi moi aussi, en tant que successeur de l'apôtre Pierre, je désire vous affermir dans la foi (cf. Lc 22, 32). Nous croyons fermement que le Christ Jésus s'est offert sur la Croix pour nous donner son amour. Dans sa passion, il a porté nos souffrances, il a pris sur lui nos péchés, il nous a obtenu le pardon et nous a réconciliés avec Dieu le Père, nous donnant accès à la vie éternelle. De cette façon, nous avons été libérés de ce qui entrave le plus notre vie : l'esclavage du péché. Nous pouvons alors aimer tous les hommes, jusqu'à nos ennemis, et partager cet amour avec les plus pauvres et les plus éprouvés de nos frères.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chers amis, la Croix nous fait souvent peur, car elle semble être la négation de la vie. En réalité, c'est le contraire ! Elle est le « oui » de Dieu à l'homme, l'expression extrême de son amour et la source d'où jaillit la vie. Car du c&#339;ur de Jésus ouvert sur la Croix a jailli cette vie divine, toujours disponible pour celui qui accepte de lever les yeux vers le Crucifié. Je ne peux donc que vous inviter à accueillir la Croix de Jésus, signe de l'amour de Dieu, comme source de vie nouvelle. En dehors du Christ mort et ressuscité, il n'y a pas de salut ! Lui seul peut libérer le monde du mal et faire grandir le Royaume de justice, de paix et d'amour auquel nous aspirons tous.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;4/ Croire en Jésus sans le voir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'Evangile est décrite l'expérience de foi de l'apôtre saint Thomas dans l'accueil du mystère de la Croix et de la Résurrection du Christ. Thomas fait partie des Douze apôtres. Il a suivi Jésus, il a été témoin direct des guérisons, des miracles qu'il opérait. Il a écouté ses paroles. Il s'est senti perdu, face à sa mort. Le soir de Pâques, le Seigneur est apparu à ses disciples, mais Thomas n'était pas présent. Et quand il lui a été dit que Jésus était vivant et s'était montré, il déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas la main dans son côté, je ne croirai pas ! » (Jn 20, 25)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous aussi nous voudrions pouvoir voir Jésus, pouvoir parler avec Lui, sentir encore plus fortement sa présence. Aujourd'hui, pour beaucoup de personnes l'accès à Jésus est devenu difficile. Ainsi, de nombreuses images de Jésus sont en circulation, qui se prétendent scientifiques et lui retirent sa grandeur, la singularité de sa personne. C'est pourquoi, durant de longues années d'étude et de méditation, a mûri en moi l'idée de transmettre dans un livre un peu de ce qu'est ma rencontre personnelle avec Jésus : pour aider quasiment à voir, entendre, toucher le Seigneur, en qui Dieu est venu nous rencontrer pour se faire connaître.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jésus lui-même, en effet, apparaissant de nouveau huit jours après aux disciples, dit à Thomas : « Porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant » (Jn 20, 26-27). Nous aussi nous pouvons avoir un contact sensible avec Jésus, mettre, pour ainsi dire, la main sur les signes de sa Passion, les signes de son amour : dans les Sacrements, Il se fait particulièrement proche de nous, Il se donne à nous. Chers jeunes, apprenez à « voir », à « rencontrer » Jésus dans l'Eucharistie, là où Il est présent et proche jusqu'à se faire nourriture pour notre chemin ; dans le Sacrement de la Pénitence, dans lequel le Seigneur manifeste sa miséricorde en offrant son pardon. Reconnaissez et servez Jésus aussi dans les pauvres, les malades, les frères qui sont en difficulté et ont besoin d'aide.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ouvrez et cultivez un dialogue personnel avec Jésus Christ, dans la foi. Connaissez-le par la lecture des Evangiles et du Catéchisme de l'Église catholique. Entrez dans un dialogue avec Lui par la prière, donnez-lui votre confiance : il ne la trahira jamais ! « La foi est d'abord une adhésion personnelle de l'homme à Dieu ; elle est en même temps, et inséparablement, l'assentiment libre à toute la vérité que Dieu a révélé » (Catéchisme de l'Église Catholique, 150). Ainsi vous pourrez acquérir une foi mûre, solide, qui ne sera pas fondée uniquement sur un sentiment religieux ou sur un vague souvenir du catéchisme de votre enfance. Vous pourrez connaître Dieu et véritablement vivre de lui, comme l'apôtre Thomas quand il manifeste sa foi en Jésus en s'exclamant avec force : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5/ Soutenus par la foi de l'Église, pour être témoins&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A ce moment, Jésus s'exclama : « Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru » (Jn 20, 28). Il pensait au chemin de l'Église, fondée sur la foi des témoins oculaires, les Apôtres. Nous comprenons alors que notre foi personnelle en Christ, née d'un dialogue irremplaçable avec lui, est liée à la foi de l'Église : nous ne sommes pas des croyants isolés, mais, par le Baptême, nous sommes membres de cette grande famille, et c'est la foi professée par l'Église qui donne assurance à notre foi personnelle. Le Credo que nous proclamons lors de la Messe du dimanche nous protège justement du danger de croire en un Dieu qui n'est pas celui que Jésus nous a révélé : « Chaque croyant est ainsi comme un maillon dans la grande chaîne des croyants. Je ne peux croire sans être porté par la foi des autres, et par ma foi, je contribue à porter la foi des autres » (Catéchisme de l'Église catholique, 166). Remercions sans cesse le Seigneur pour le don de l'Église. Elle nous fait progresser avec assurance dans la foi, qui nous donne la vraie vie (cf. Jn 20, 31).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'histoire de l'Église, les saints et les martyrs ont puisé au pied de la Croix glorieuse du Christ la force d'être fidèles à Dieu jusqu'au don d'eux-mêmes. Dans la foi, ils ont trouvé la force pour vaincre leurs propres faiblesses et dépasser chaque adversité. Car, comme le dit l'apôtre Jean : « Quel est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (1 Jn 5, 5). Et la victoire qui naît de la foi est celle de l'amour. Tant de chrétiens ont été et sont un témoignage vivant de la force de la foi qui s'exprime par la charité : ils ont été artisans de paix, promoteurs de justice, acteurs d'un monde plus humain, un monde selon Dieu. Ils se sont engagés dans divers domaines de la vie sociale, avec compétence et professionnalisme, contribuant efficacement au bien de tous. La charité qui jaillit de la foi les a conduits à un témoignage très concret, en actes et en paroles : le Christ n'est pas seulement un bien pour nous-mêmes, il est le bien le plus précieux que nous avons à partager avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et à l'heure de la mondialisation, soyez les témoins de l'espérance chrétienne dans le monde entier : nombreux sont ceux qui désirent recevoir cette espérance ! Devant le tombeau de son ami Lazare, qui était mort depuis quatre jours, et avant de le ramener à la vie, Jésus dit à Marthe : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » (Jn 11, 40). Vous aussi, si vous croyez, si vous savez vivre et témoigner de votre foi chaque jour, vous deviendrez instruments pour faire retrouver à d'autres jeunes comme vous le sens et la joie de la vie, qui naît de la rencontre avec le Christ !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;6/ Vers la Journée mondiale de Madrid&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chers amis, je vous renouvelle l'invitation à venir à la Journée Mondiale de la Jeunesse à Madrid. Avec une joie profonde, je vous attends chacun personnellement : le Christ lui-même veut vous affermir dans la foi par l'Église. Le choix de croire en Christ et de le suivre n'est jamais facile. Il est toujours entravé par nos infidélités personnelles et par tant de voix qui indiquent des sentiers plus faciles. Ne vous laissez pas décourager, cherchez plutôt le soutien de la communauté chrétienne, le soutien de l'Église ! Au cours de cette année, préparez-vous intensément au rendez-vous de Madrid avec vos évêques, vos prêtres et les responsables de la pastorale des jeunes dans les diocèses, les communautés paroissiales, les associations et les mouvements. La qualité de notre rencontre dépendra pour une grande part de la préparation spirituelle, de la prière, de l'écoute commune de la Parole de Dieu et du soutien mutuel.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chers jeunes, l'Église compte sur vous ! Elle a besoin de votre foi vivante, de votre charité créative et du dynamisme de votre espérance. Votre présence renouvelle l'Église, la rajeunit et lui donne un élan nouveau. C'est pourquoi les Journées Mondiales de la Jeunesse sont une grâce non seulement pour vous mais aussi pour tout le Peuple de Dieu. L'Église en Espagne se prépare activement pour vous accueillir et vivre avec vous la joyeuse expérience de la foi. Je remercie les diocèses, les paroisses, les sanctuaires, les communautés religieuses, les associations et les mouvements ecclésiaux, qui travaillent avec générosité à la préparation de cet événement. Le Seigneur ne manquera pas de les bénir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que la Vierge Marie accompagne ce chemin de préparation ! A l'annonce de l'Ange, elle a accueilli avec foi la Parole de Dieu. Avec foi, elle a consenti à l'&#339;uvre que Dieu accomplissait en elle. En prononçant son « fiat », son « oui », elle a reçu le don d'une charité immense, qui la poussait à se donner tout entière à Dieu. Qu'elle intercède pour chacun et chacune de vous, afin que durant cette prochaine Journée Mondiale, vous puissiez grandir dans la foi et l'amour ! Je vous assure de ma pensée paternelle pour vous dans la prière et je vous bénis de tout c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Du Vatican, le 6 août 2010, fête de la Transfiguration du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;BENEDICTUS PP XVI&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-09-06T15:05:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

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		<item>
		<title>&#8220;Pourquoi ils m'attaquent.&#8221; Comment Benoît XVI juge ses adversaires</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Pourquoi-ils-m-attaquent-Comment.html</link>
		<date>2010-09-06 10:20:35</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton610.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;264&quot; height=&quot;179&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
ROME, le 3 septembre 2010 - Deux livres publiés cet été, l'un aux États-Unis et l'autre en Italie, reconstituent et analysent les attaques lancées de plusieurs côtés contre Benoît XVI depuis le début de son pontificat, selon un crescendo qui a connu son sommet cette année.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le livre de Gregory Erlandson et Matthew Bunson, qui dirigent des journaux catholiques très lus aux États-Unis, se concentre sur le scandale des abus sexuels commis par le clergé.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En revanche le livre des vaticanistes italiens Paolo Rodari et Andrea Tornielli étend l'analyse à une dizaine d'attaques contre autant d'actes ou discours de Benoît XVI : du discours de Ratisbonne à la libéralisation de l'usage de la messe selon le rite ancien, de la levée de l'excommunication des évêques lefebvristes à la condamnation du préservatif anti-sida, de l'accueil des anglicans dans l'Église catholique au scandale de la pédophilie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rodari et Tornielli donnent une reconstitution très soignée de chacun de ces épisodes, dont ils révèlent des dessous parfois inédits. Leur conclusion est que Benoît XVI est actuellement l'objet de trois attaques différentes, menées par trois ennemis différents.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier et principal ennemi est l'ennemi extérieur. Il est constitué des courants d'opinion et des centres de pouvoir hostiles à l'Église et à ce pape.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le deuxième ennemi est constitué de ces catholiques - parmi lesquels un bon nombre de prêtres et d'évêques - qui voient en Benoît XVI un obstacle à leur projet de réforme &quot;moderniste&quot; de l'Église.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin le troisième ennemi est constitué de ces fonctionnaires de la curie du Vatican qui, au lieu d'aider le pape, lui portent préjudice, par incapacité, par ignorance ou même par opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'apparaît pas que ces trois fronts soient dirigés par un unique metteur en scène. Mais cela n'empêche pas de chercher s'il y a une raison globale qui expliquerait ces attaques si violentes et continues, toutes concentrées sur le pape actuel. C'est ce que font Rodari et Tornielli dans le dernier chapitre de leur livre, en recueillant les avis de divers analystes et commentateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais il n'est pas moins important de savoir comment Benoît XVI lui-même interprète les attaques qui sont portées contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Accepter la purification&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'homélie de la messe qui a conclu l'Année Sacerdotale, le 11 juin dernier, Benoît XVI a lui aussi parlé d'un &quot;ennemi&quot;. Voici ce qu'il a dit :
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« On pouvait s'attendre à ce que cette nouvelle mise en lumière du sacerdoce déplaise à &#8220;l'ennemi&#8221;, qui aurait préféré le voir disparaître pour que, en fin de compte, Dieu soit repoussé hors du monde. Et c'est ainsi que, précisément au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, les péchés des prêtres ont été mis en évidence, notamment les abus à l'égard des petits, circonstance où le sacerdoce en tant que manifestation de la délicatesse de Dieu à l'égard de l'homme en devient tout le contraire. » &lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
Et voici comment le pape s'est exprimé au début de son voyage à Fatima, le 11 avril dernier :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Les attaques contre le Pape et contre l'Église ne viennent pas seulement de l'extérieur. [...] La plus grande persécution de l'Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, elle naît du péché de l'Église. L'Église a donc un besoin profond de réapprendre la pénitence, d'accepter la purification. » &lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
On comprend dès lors que, pour Benoît XVI, même l'horrible année 2010 est à vivre comme une année de grâce, de même que les années précédentes, elles aussi marquées par de très nombreuses attaques contre l'Église et contre le pape.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Tout se tient&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour lui, tout se tient. Les difficultés provoquées par le péché constituent les conditions de vie de l'humanité qui a besoin du salut. Un salut qui vient de Dieu seul et qui est offert dans l'Église au moyen des sacrements qui sont administrés par les prêtres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pape fait comprendre que c'est pour cette raison que le refus de Dieu coïncide si souvent avec une attaque contre le sacerdoce et ce qui le caractérise vis-à-vis du monde extérieur, le célibat.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 10 juin dernier, au cours de la veillée de clôture de l'Année Sacerdotale, Benoît XVI a déclaré que le célibat était une anticipation &quot;du monde de la résurrection&quot;. C'est le signe &quot;que Dieu existe, que Dieu a quelque chose à faire dans ma vie, que je peux fonder ma vie sur le Christ, sur la vie future&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voilà pourquoi - a-t-il également dit - le célibat &quot;est un grand scandale&quot;. Pas seulement pour le monde d'aujourd'hui &quot;dans lequel Dieu n'a rien à voir&quot;. Mais pour la chrétienté elle-même, dans laquelle &quot;on ne pense plus au futur de Dieu et où seul le présent de ce monde semble suffisant&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pape Joseph Ratzinger l'a dit plusieurs fois, en particulier dans sa mémorable lettre du 10 mars 2009 aux évêques du monde entier : &quot;rendre Dieu présent dans ce monde&quot; est sa mission prioritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais lier à la question de Dieu celle du sacerdoce et du célibat sacerdotal n'est pas si évident. Et pourtant c'est bien ce que Benoît XVI ne cesse de faire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par exemple, à la fin de 2006, faisant un bilan de son voyage en Allemagne qui avait frappé les esprits à cause du discours de Ratisbonne, après avoir souligné que &quot;le grand problème de l'Occident est l'oubli de Dieu&quot;, il avait poursuivi en déclarant que &quot;c'est cela, le devoir central du prêtre : porter Dieu aux hommes&quot;. Mais le prêtre &quot;ne peut le faire que si lui-même vient de Dieu, s'il vit avec et de Dieu&quot;. Et le célibat est signe de cet engagement total :
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Notre monde devenu totalement positiviste - où Dieu entre en jeu tout au plus comme une hypothèse mais pas comme une réalité concrète - a besoin de s'appuyer sur Dieu de la façon la plus concrète et la plus radicale possible. Il a besoin du témoignage de Dieu, qui réside dans la décision d'accueillir Dieu comme terre sur laquelle se fonde notre existence. »&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'est donc pas surprenant que, très peu de temps avant d'être élu pape, Ratzinger ait appelé de ses v&#339;ux une réforme de l'Église qui commencerait par purifier les ministres de Dieu de leur &quot;saleté&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'est pas surprenant qu'il ait imaginé et lancé une Année Sacerdotale ayant pour but d'amener le clergé à une vie sainte.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'est pas surprenant que la liturgie occupe une place tellement centrale dans ce pontificat. Le prêtre vit pour la liturgie. C'est le prêtre que Dieu &quot;a chargé de préparer la table de Dieu pour les hommes, de leur donner son corps et son sang, de leur offrir le don précieux de sa présence même&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La libéralisation de l'usage de l'ancien rite de la messe, la levée de l'excommunication des évêques lefebvristes, l'accueil fait aux communautés anglicanes les plus liées à la tradition, tous ces actes font partie de ce dessein. Et immanquablement ils font l'objet d'attaques.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une mystérieuse lucidité de vision unifie les attaques contre l'actuel pontificat, comme si elles étaient marquées par l'action d'une &quot;main invisible&quot;, dissimulée même à leurs protagonistes. Une main, un esprit, qui comprend le dessein de fond de Benoît XVI et fait tout pour le combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a dans l'Évangile de Marc un &quot;secret messianique&quot; qui accompagne la vie de Jésus et reste caché à ses disciples eux-mêmes. Mais pas à &quot;l'ennemi&quot;. Le diable est celui qui reconnaît tout de suite en Jésus le Messie sauveur. Et qui le crie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Gouverner l'Église&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le paradoxe des attaques actuelles contre l'Église est que, alors même qu'elles veulent la réduire à l'impuissance et au silence, elles en révèlent l'essence, comme lieu où se trouve le Dieu qui pardonne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Saint Bonaventure de Bagnoregio, l'un des premiers successeurs de saint François à la tête de l'ordre fondé par celui-ci, est appelé &quot;Docteur séraphique&quot;. On pourrait aussi appliquer cette expression à Benoît XVI, en raison de la manière dont il conduit l'Église dans la tempête.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la catéchèse qu'il a consacrée le 10 mars dernier à ce saint - qu'il avait déjà beaucoup étudié quand il était jeune théologien - le pape Ratzinger a également exprimé sa pensée à propos des &quot;ennemis&quot; intérieurs de l'Église.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux mécontents qui réclament une palingénésie radicale de l'Église, un nouveau christianisme spirituel constitué de l'Évangile nu, débarrassé des hiérarchies, préceptes et dogmes, Benoît XVI a dit qu'il n'y a qu'un pas du spiritualisme à l'anarchie. L'Église &quot;est toujours une Église de pécheurs et toujours un lieu de grâce&quot;. Elle progresse et évolue, mais toujours en continuité avec la tradition.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À ceux qui comptent entièrement sur de nouvelles structures de commandement et de nouveaux commandants pour réformer l'Église, il a dit que &quot;gouverner ce n'est pas simplement faire, c'est surtout penser et prier&quot; : c'est-à-dire &quot;en guidant et en éclairant les âmes, en les orientant vers le Christ&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le pape Benoît XVI, les attaques qui se concentrent sur lui prouvent l'audace du pari qu'il propose aux hommes d'aujourd'hui, à tous les hommes, même aux incroyants : &quot;vivre comme si Dieu existait&quot;.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Sandro Magister</author>
		<dc:date>2010-09-06T08:20:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sandro Magister</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
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		<title>Dimanche 15 août avec Tarcisius « le courageux »</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Dimanche-15-aout-avec-Tarcisius-le.html</link>
		<date>2010-08-31 13:12:29</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton609.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;91&quot; height=&quot;125&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Peu d'informations sur la vie de ce jeune martyr eucharistique. Le pape n'en évoque pas moins les grandes lignes incontestables et commence par présenter le contexte, celui des persécutions romaines.&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Nous sommes dans les premiers siècles de l'histoire de l'Eglise, plus précisément au troisième siècle ; on raconte qu'il était un jeune homme qui fréquentait les catacombes de Saint-Calixte ici à Rome et qu'il était très fidèle à ses engagements chrétiens. Il aimait beaucoup l'Eucharistie et, de divers éléments, nous concluons que, probablement, il était un acolyte, c'est-à-dire un servant d'autel. Dans ces années-là, l'empereur Valérien persécutait durement les chrétiens, qui étaient contraints de se réunir clandestinement dans les maisons privées ou, parfois, également dans les catacombes, pour écouter la Parole de Dieu, prier et célébrer la Messe. Même la tradition d'apporter l'Eucharistie aux prisonniers et aux malades devenait de plus en plus dangereuse. » &lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;En venant aux circonstances précises du martyre, le Saint-Père met l'accent sur la force et l'audace dont ont fait preuve l'évêque et le jeune garçon : &lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Un jour, alors que le prêtre demanda comme d'habitude, qui était disposé à apporter l'Eucharistie aux autres frères et s&#339;urs qui l'attendaient, le jeune Tarcisius se leva et dit : &quot;Veux-tu que je m'en charge ?&quot;. Ce garçon semblait trop jeune pour un service aussi exigeant ! &quot;Ma jeunesse - dit Tarcisius - sera le meilleur abri pour l'Eucharistie&quot;. Le prêtre, convaincu, lui confia le précieux Pain en lui disant : &quot;Tarcisius, rappelle-toi qu'un trésor céleste est remis entre tes faibles mains. Evite les chemins fréquentés et n'oublie pas que les choses saintes ne doivent pas être jetées aux chiens ni les perles aux cochons. Protégeras-tu avec fidélité et assurance les Saints Mystères ?&quot;. &quot;Je mourrai - répondit Tarcisius avec fermeté - plutôt que de les céder&quot;. » &lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;Puis vient la lutte à proprement parler, modèle de tout combat pour le Christ qui le premier a donné sa vie en sacrifice pour nous :&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; « En route, il rencontra des amis qui, s'approchant de lui, lui demandèrent de se joindre à eux. A sa réponse négative - ils étaient païens - ils devinrent soupçonneux et insistants et ils se rendirent compte qu'il serrait quelque chose sur sa poitrine qu'il semblait défendre. Ils tentèrent de la lui arracher mais en vain ; la lutte se fit de plus en plus acharnée, surtout lorsqu'ils apprirent que Tarcisius était chrétien : ils lui donnèrent des coups de pied, lui lancèrent des pierres, mais il ne céda pas. Mourant, il fut apporté au prêtre par un officier prétorien du nom de Quadratus, devenu lui aussi, clandestinement, chrétien. Il y arriva sans vie, mais il serrait encore contre sa poitrine un petit morceau de lin contenant l'Eucharistie. » &lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;Concluant la vie splendide de ce jeune, le pape évoque la manière dont l'Eglise a aussitôt fait mémoire de cette vie d'amitié profonde avec le Christ au point d'en être configuré :&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; « Il fut enterré immédiatement dans les catacombes de Saint-Calixte. Le Pape Damase fit apposer une inscription sur la tombe de saint Tarcisius, selon laquelle le jeune homme mourut en 257. Le Martyrologe romain fixe la date au 15 août et dans le même Martyrologe est rapportée une belle tradition orale selon laquelle, sur le corps de saint Tarcisius, on ne retrouva pas le Très Saint Sacrement, ni dans ses mains, ni dans ses vêtements. On raconta que le pain consacré, défendu par sa vie par le petit martyr, était devenu chair de sa chair, formant ainsi avec son propre corps, une unique hostie immaculée offerte à Dieu. » &lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;« Formant ainsi avec son propre corps, une unique hostie immaculée offerte à Dieu ». Témoignage marial s'il en est. Qu'en ce 15 août, les paroles de père de Benoît XVI, formidable éducateur qui sait que la vertu de force est majeure en éducation, rejoignent le c&#339;ur de tous ceux qui s'engagent, luttent et donnent leur vie pour que Jésus parvienne à tous les hommes. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-08-31T11:12:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Grande Bretagne : succès attendu pour le voyage du pape</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Grande-Bretagne-succes-attendu.html</link>
		<date>2010-07-30 17:05:34</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton608.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;293&quot; height=&quot;283&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
« Je suis absolument certain que tous les préparatifs entamés par le gouvernement, les gouvernements locaux, les conférences épiscopales d'Ecosse et d'Angleterre, feront de la visite du pape un succès incroyable », a affirmé le lord anglais au micro de Radio Vatican.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La difficulté réside surtout dans le fait de « concilier les aspects typiques d'une visite d'État et ceux d'une visite pastorale ». Selon Lord Patten, organiser la visite de Barack Obama aurait été plus simple, ce dernier ne demandant pas à rencontrer les foules. Il estime cependant toutes les difficultés surmontées et le programme « vraiment intéressant ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Du côté de l'État, on espère que cette rencontre « permettra non seulement à la communauté catholique de se sentir très proche du pape au cours des événements de type pastoral », mais qu'elle « fournira aussi l'occasion de montrer que le gouvernement d'un pays à majorité non catholique possède un agenda extrêmement vaste de possibilités de collaboration avec l'Église catholique ». Pour Londres, les questions d'intérêt commun sont par exemple le développement durable, les changements climatiques, le désarmement, les relations interreligieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mgr Vincent Nichols, archevêque de Westminster, voit pour sa part dans la visite une espérance pour tous. Le coordinateur de la visite du pape, Mgr Andrew Summersgill, se réjouit de « l'espoir que notre société prendra conscience avec la visite du pape Benoît que nous pouvons arriver à comprendre que la foi est un don à redécouvrir plutôt qu'un problème à régler ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un optimisme qui répond aux critiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mgr Summersgill est toutefois conscient des difficultés :
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Il y a des gens qui remettent en cause le fait même de la visite du Saint-Père, et d'autres qui contestent spécifiquement le fait de donner à cette visite le statut de visite d'État - le plus haut rang protocolaire réservé à un visiteur au Royaume Uni. Il y a aussi ceux qui réfutent fondamentalement certains éléments de l'enseignement de l'Eglise catholique et profitent de l'occasion pour faire entendre leurs objections. »&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
Mais il souligne également que « ces réactions contrastent avec l'esprit d'accueil et d'attente que l'on constate dans un large éventail de la société, et indéniablement au sein de l'Eglise catholique et des autres communautés chrétiennes. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les fortes critiques qui avaient accompagnées l'annonce de cette visite de Benoît XVI ne semblent pas préoccuper Lord Patten. Le gouvernement estime que ceux qui critiquent « représentent une petite minorité ». « Nous vivons dans une société libre [...] si les gens veulent protester de manière pacifique, ils ont le droit de le faire », a déclaré Lord Patten.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'intolérance religieuse qui, selon lui, « s'adresse en particulier à l'Église catholique à cause de l'importance de celle-ci, de sa longévité et de l'assurance avec laquelle elle affirme certaines vérités fondamentales (que nous considérons être des vérités fondamentales) » n'est pas non plus un problème : « Cela ne me préoccupe pas outre mesure. Je crois que nous devons être cohérents et, quand nous faisons certaines affirmations, reconnaître que nous avons souvent été intolérants à notre tour dans le passé. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Concernant coûts de la visite du pape qui, selon Lord Patten, serait estimée entre 10 et 12 millions à la charge des contribuables, il ajoute que « le sommet du G20 que nous avons accueilli l'an dernier et qui n'a duré qu'un seul jour, a coûté entre 19 et 20 millions », sachant « qu'aucun responsable du G20 n'est allé participer à une rencontre avec 80 ou 100.000 personnes ». Selon lui, les difficultés fiscales de la Grande Bretagne ne justifient pas une fermeture du pays au reste du monde, d'autant plus sur le plan spirituel, à propos duquel il cite l'écrivain Julian Barnes pour illustrer la situation de la grande Bretagne : « Je ne crois pas en Dieu mais il me manque ! »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les médias mobilisés&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour Mgr Summersgill, « la qualité de la couverture médiatique et sa diffusion sont des questions essentielles. Le Saint-Père sera vu et prendra la parole dans quelques sites instantanément reconnaissables dans le pays et dans le monde entier. Je crois que cela encouragera les gens à écouter les paroles du pape Benoît et à lire ce qu'il dira à l'ensemble de la société. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant à la difficulté de faire passer le message du pape à travers des médias parfois plus intéressés par les détails superficiels, Lord Patten estime qu'il sera peut-être effectivement difficile de « faire passer le message que la foi n'est pas un problème, que la foi est pour beaucoup la manière dont ils font face aux défis de leur vie au XXIe siècle ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En revanche, d'autres messages comme celui sur la justice sociale par exemple, devraient être plus facile à entendre étant donné « l'intérêt des générations plus jeunes pour les aspects de la justice sociale au niveau mondial ». « On ne sait pas, probablement, que 25% de l'instruction scolaire en Afrique sub-saharienne est fournie par l'Église, ou que 25% de l'assistance médicale en Afrique sub-saharienne est à la charge de l'Église et de groupes liés à l'Eglise », a-t-il dit. « Ces messages passeront clairement, justement grâce à la présence du Saint-Père au Royaume uni et à de nombreuses rencontres importantes qui auront lieu », a-t-il conclu. « Je ne suis en rien pessimiste ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mgr Summersgill quant à lui espère que les préparatifs de cette visite, et la visite elle-même, seront un moment où les catholiques retrouveront confiance en eux-mêmes et en leur place au sein de la société britannique :
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Pour maintes raisons qu'il n'est pas besoin de répéter ici, il n'a pas été facile ces dernières années d'être catholique dans nos régions, et je vois la visite du Saint-Père comme un moment d'affirmation. [...] Par une heureuse coïncidence, le dimanche de la visite du pape est traditionnellement chez nous le dimanche de la Mission, aussi tout s'agence parfaitement. »&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
		<author>Antoine Besson</author>
		<dc:date>2010-07-30T15:05:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Besson</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>La nouvelle évangélisation, réponse du pape aux crises qui ont secoué l'Église</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/La-nouvelle-evangelisation-reponse.html</link>
		<date>2010-07-09 12:55:26</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton606.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;200&quot; height=&quot;113&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Il y a tout d'abord la création du Conseil pontifical pour la Nouvelle Évangélisation : dans cette institution bi-millénaire qu'est l'Église, il est fort rare que de nouveaux &#8220;ministères&#8221; soient créés au Vatican. Lorsque c'est le cas, il ne s'agit pas de répondre à une mode, mais d'illustrer un aspect particulier auquel le pape attache une importance centrale et durable dans le cadre de la mission apostolique universelle qui lui est assignée.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a ensuite la nomination du cardinal Ouellet préfet de la Congrégation des évêques : pour que la mission de l'Église porte des fruits de conversion et de croissance de la foi dans le monde contemporain, l'archevêque de Québec est apparu depuis longtemps comme un des cardinaux les plus convaincus au monde de toute l'importance et de l'urgence de la nouvelle évangélisation. Mgr Ouellet en a fait l'axe pastoral majeur de son diocèse pendant de nombreuses années. La charge qui lui est confiée désormais à Rome, à l'instant même où ce nouveau Conseil est créé ne semble en rien fortuite, car leur conjonction illustre un axe et une orientation majeure de Benoît XVI.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Désormais, les nominations à venir des évêques intégreront sans aucun doute la vision et la mise en &#339;uvre de la Nouvelle Évangélisation dans la conduite pastorale des diocèses et des Églises locales. Les &#8220;candidats&#8221; aux charges apostoliques seront donc également jugés au regard de leurs expériences et de leur motivation en la matière. Il sera donc très intéressant de suivre les nominations épiscopales dans les mois et les années à venir, particulièrement en France et en Europe qui sont prioritairement concernés par cette orientation missionnaire. Même si certaines nominations récentes ont marqué une évolution notable par rapport aux années 70-80, on risque de changer beaucoup plus franchement d'époque avec la nouvelle génération qui se prépare&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;b&gt;Un renouvellement nécessaire&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;À l'occasion des « affaires » qui ont marqué ces derniers mois la vie de l'Église, qui ont fait la une des médias internationaux et terni son image dans le monde, Benoît XVI a insisté à plusieurs occasions depuis de début de l'année 2010 sur l'indispensable conversion de l'Église et de ses pasteurs, et sur le renouvellement désormais urgent d'un certain nombre de responsables pastoraux pour résoudre en profondeur la crise actuelle, mais également solder les précédentes : la mission apostolique de l'Église paye encore lourdement certaines &#8220;factures&#8221; liées à ces crises qui minent son autorité et son rayonnement. Benoît XVI a été très clair à plusieurs reprises ces derniers mois en soulignant avec force combien l'Église ne redoute véritablement que les attaques et la déstabilisation de l'intérieur qui minent son unité, son témoignage et sa mission universelle. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pape reconnaît clairement les errances, voire les erreurs relevées dans le discernement de certains candidats au sacerdoce ou à l'épiscopat ces dernières décennies : ces erreurs selon lui trouvent leurs origines dans différentes dérives théologiques, ecclésiologiques et spirituelles qui ont alimenté à la fois nombre de dérives pastorales, mais aussi le sécularisme galopant de nombre de baptisés ou d'institutions ecclésiales comme des universités, des mouvements caritatifs, certaines congrégations religieuses (le cardinal Joseph Ratzinger a longuement traité ces différentes thématiques dans différents ouvrages depuis les années quatre-vingt). &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est donc temps pour Benoît XVI de procéder très concrètement à ce renouvellement, et le cardinal Ouellet à son nouveau poste va en devenir la pièce maîtresse et déterminante.&lt;br&gt; &lt;br&gt;Il est nécessaire de bien prendre conscience que la création de ce Conseil et la nomination du nouveau préfet de la Congrégation pour les évêques sont parmi les quelques décisions les plus importantes prises au Vatican depuis l'élection du cardinal Ratzinger au siège de Pierre voici cinq ans : c'est à Saint-Paul-hors-les-Murs et en la fête des apôtres Pierre et Paul qu'ont été annoncées ces décisions, ce qui ne fait qu'en renforcer toute la symbolique catholique, missionnaire et ecclésiale. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;S'attaquer aux racines du mal&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;Ainsi, à l'issue de ces six mois de crise qui ont secoué fortement l'Église, la mise en &#339;uvre désormais officielle et institutionnelle de la Nouvelle évangélisation n'est en rien un hasard, mais apparaît au contraire comme une réponse majeure, toute en finesse et profondeur, que Benoît VI entend apporter à ces crises : s'attaquer aux vraies racines du mal, très souvent liées de manière directe ou indirecte à des interprétation farfelues ou idéologiques du concile Vatican II chez certains pasteurs ou intellectuels (vaste sujet également cher au pape-théologien), et qui ont conduit notamment à un laxisme dans le discernement et la formation de certains candidats au sacerdoce [1], et leur suivi après leurs ordinations&lt;br&gt; &lt;br&gt;Il est bon que l'Esprit-Saint ait conduit à la tête de l'Église des pasteurs - Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI qui soient réellement visionnaires et qui prennent des décisions à cent lieues des annonces poudre-aux-yeux qu'attendent les médias, mais qui s'attaquent au contraire aux causes profondes des maux qui minent l'Église depuis tant d'années. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le zèle missionnaire et l'énergie évangélisatrice sont aux yeux de nos papes la fine mesure de l'orthodoxie et de la vitalité de la foi chez les baptisés, les pasteurs et chez toute communauté ecclésiale, comme l'illustre les paroles clairvoyantes et exigeantes de Jean-Paul II :
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« La mission est le signe le plus clair de la maturité de la foi car elle témoigne d'une conversion radicale de son état d'esprit [tant] au niveau des personnes que des communautés [...]. C'est en devenant missionnaire que la communauté chrétienne pourra dépasser ses divisions et ses tensions internes et retrouver son unité et la vigueur de sa foi [...] C'est à la lumière de cet impératif missionnaire qu'on devra apprécier la valeur des organismes, des mouvements, des paroisses et des &#339;uvres apostoliques de l'Église. »&lt;i&gt; &lt;br&gt;La Mission du Christ rédempteur,&lt;/i&gt; n. 48). &lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
Telle est la grille de discernement pastoral et spirituel dont se dote l'Église en ce début du XXIe siècle, et c'est là une cure d'assainissement fort salutaire.&lt;i&gt;&lt;br&gt;&lt;/i&gt; &lt;br&gt;Pour ce faire, et avec la grâce de Dieu, il y a beaucoup de travail en perspective, beaucoup d'efforts sans doute à produire en terme de patience, de pédagogie et de créativité pour que la Nouvelle Évangélisation se mette en &#339;uvre progressivement et de manière de plus en plus généralisée dans les paroisses, les diocèses, les mouvements.... : s'il a fallu une génération pour inscrire cette dynamique missionnaire comme priorité ecclésiale, nous nous accordons avec d'autres qu'il faudra sans doute une ou deux générations supplémentaires pour que la Nouvelle Évangélisation se généralise dans les mentalités et les faits ! &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, d'ores et déjà, à n'en point douter, les décisions de ce mois de juin 2010 sont sources d'une grande action de grâce pour tous ceux qui ont tenté de répondre (dans le désert ou la critique bien souvent....) à cet appel de Paul VI puis de Jean-Paul II depuis les années quatre-vingt ; elles sont surtout source d'une grande espérance afin que l'Évangile soit à l'avenir bien plus explicitement annoncé « à temps et contretemps » à nos contemporains, sous des formes très diversifiées, adaptées et nouvelles. &lt;br&gt; &lt;br&gt;Pour cette action de grâce et ces grands signes d'espérance, que Dieu en soit béni et remercié ! &lt;br&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt;</description>
		<author>Alex et Maud Lauriot-Prévost</author>
		<dc:date>2010-07-09T10:55:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex et Maud Lauriot-Prévost</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>2010, l'année de grâce du &quot;cardinal qui voyait loin&quot;</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/2010-l-annee-de-grace-du-cardinal.html</link>
		<date>2010-07-08 16:16:00</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton607.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;288&quot; height=&quot;205&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Personne n'a oublié en effet les motifs pour lesquels, « le premier dimanche de Carême de cette année-là - c'était le 12 mars - le pape Karol Wojtyla célébra sous les yeux du monde entier une liturgie pénitentielle sans précédent. Sept fois, comme les sept péchés capitaux ». Le pape avoua les fautes « commis par les chrétiens, siècle après siècle, et demanda pardon à Dieu pour tous ces péchés », et notamment pour « les croisades, les dictatures, les schismes, les hérésies, les femmes, les Juifs, Galilée, les guerres de religion, Luther, Calvin, les Indiens, les injustices, l'Inquisition, l'intégrisme, l'islam, la mafia, le racisme, le Rwanda, l'esclavagisme ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pape aurait-il dû en faire plus comme le réclamait, toujours insatisfaits, ceux prêts à crier haro sur le baudet ? N'y en avait-il pas encore pour prétendre « qu'il devait battre sa coulpe davantage et pour d'autres choses encore », pour se réjouir, goguenards, et dire qu'il « avait bien raison de s'humilier ainsi » ? Bien sûr « la liste n'est jamais close » mais qui, connaissant le mal dans le c&#339;ur de l'homme, pourrait dire encore aujourd'hui que la liste sera un jour close ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dix ans après, il semble que la demande de pardon de l'Église prenne un nouveau tournant, devant une vérité atroce à regarder. Sandro Magister fait remarquer que le pape Jean-Paul II n'avait pas « demandé pardon pour les abus sexuels commis sur des enfants. Et il n'apparaît pas que quiconque lui ait reproché ce silence et encore moins qu'il ait exigé que le pape ajoute la pédophilie à la liste ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'en a pas moins fait beaucoup en confiant le dossier au cardinal de confiance, dont il n'a jamais voulu se séparer, au « cardinal qui voyait loin », Joseph Ratzinger. Devenu pape à son tour, celui-ci s'attaque non plus aux péchés du passé mais aux péchés actuels, plus graves quand ils sont « commis par des clercs », sûr que « la plus grande épreuve pour l'Église ne vient pas de l'extérieur mais des péchés qui sont commis en son sein ».&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Chronologie des faits&lt;/h3&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;
2001 :&lt;/strong&gt; « En tant que préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, il a rendu plus contraignantes les procédures de traitement des affaires de pédophilie imputables au clergé. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2002 :&lt;/strong&gt; « Quand le scandale a éclaté de manière très grave aux États-Unis, il a adopté la ligne de la rigueur. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le vendredi saint de 2005 :&lt;/strong&gt; « Rédigeant le texte du dernier chemin de croix du pontificat de Jean-Paul II, il a critiqué la &quot;saleté&quot; de l'Église avec les accents d'une protestation prophétique. » À l'Église en pénitence et à tous les baptisés, Benoît XVI demande de purifier la &quot;mémoire&quot;, certes, mais plus encore leur vie actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Aux catholiques d'Irlande, concernés plus que les autres par le scandale, il a ordonné de faire un nettoyage complet, de se confesser souvent, de faire pénitence tous les vendredis pendant une année entière, et à leurs évêques et prêtres d'effectuer des exercices spirituels spéciaux. » Aux prêtres, il demande avec force lors de l'année sacerdotale de raviver en eux « la fidélité à leur engagement », « chasteté comprise ».&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est donc à ce prix que l'année 2010 sera une année de grâce et non l'année horrible décrétée par les médias ! C'est le prix de la vérité, d'une vraie purification, qui donnera un nouvel élan à l'évangélisation si chère à Jean-Paul II et pour laquelle Benoît XVI se dépense sans compter à quatre-vingt quatre ans.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ne crée-t-il pas « au sein de la curie romaine un dicastère expressément chargé de la &quot;nouvelle évangélisation&quot; des pays où la moderne éclipse de Dieu est la plus marquée » ? « Une cour des Gentils symbolique, sur le modèle de la cour ouverte aux païens dans l'ancien temple de Jérusalem, pour permettre l'ouverture d'un dialogue avec les hommes qui sont les plus éloignés de Dieu » ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes les « signes d'effondrement » sont là, comme « le très net éloignement des gens nés après 1981 envers la pratique religieuse, la prière, la foi en Dieu et la confiance en l'Église », qui n'échappent pas à notre pape. Mais avec le Saint-Père en premier de cordée, il nous faut monter. Le chemin est étroit. Mais le chrétien le sait : on n'est libre que dans les hauteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;H.B.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-07-08T14:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>La sécularisation a-t-elle des aspects positifs ?</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/La-secularisation-a-t-elle-des.html</link>
		<date>2010-07-02 19:39:09</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton605.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;250&quot; height=&quot;354&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
C'est une décision déjà présentée comme un acte majeur de son pontificat, qui s'inscrit dans la droite ligne de sa priorité numéro une, l'évangélisation : « Rendre Dieu présent dans ce monde et ouvrir aux hommes l'accès à Dieu [1]. » &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, cette volonté du pape de faire reculer la sécularisation, un processus qui tend à éloigner Dieu de la vie publique et sociale pour le cantonner à la sphère privée, n'est pas toujours bien comprise. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains en France voient en elle une chance pour ne pas tomber dans le conformisme social dû à une « foi de naissance » jamais remise en cause. Interrogeons-nous : en quoi la sécularisation permettrait-elle de s'affranchir totalement du conformisme ? Comment peut-on être sûr que celui-ci est définitivement banni de nos milieux, quand le risque est toujours, pour le christianisme, de vivre en vase clos sans partager sa foi ? N'est-ce pas justement l'évangélisation qui pousse au non-conformisme, à l'originalité renouvelée du témoignage ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La perte du sens de Dieu dans la société permet une remise en question des chrétiens et de nouveaux défis pour l'annonce du Christ à nos contemporains. Faut-il pour autant la souhaiter si nous écopons en retour d'une crise de la foi préjudiciable à l'Église et donc à toute l'humanité ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;La sécularisation, une menace pour l'Église&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;Lors d'une audience aux participants de l'assemblée plénière du Conseil pontifical de la culture dont le thème était précisément « l'Église et le défi de la sécularisation », le pape affirmait que la sécularisation est une menace pour l'Église [2] : &lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« La sécularisation, disait-il, se présente dans les cultures comme une conception du monde et de l'humanité sans référence à la transcendance, et qui envahit tous les aspects de la vie quotidienne. Elle favorise une mentalité dans laquelle Dieu est de fait absent, complètement ou en partie, de l'existence et de la conscience humaine. »&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;La sécularisation dénature de l'intérieur la foi chrétienne&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;Vivre sans référence à la transcendance, n'est-ce pas déraciner l'homme de sa profonde raison d'être, qui est de vivre avec Dieu, en Dieu ? Dans ces conditions, il est difficile de trouver des aspects positifs à la sécularisation. C'est le même risque pris par l'enfouissement des chrétiens en milieu non-croyant sans référence explicite - et donc véritablement missionnaire - au Christ vivant, vrai Dieu et vrai homme [3].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Benoît XVI ajoute que la sécularisation « n'est pas seulement une menace extérieure pour les croyants : elle se manifeste déjà depuis un moment au sein de l'Église elle-même. Elle dénature de l'intérieur et en profondeur la foi chrétienne et, par conséquent, le style de vie et le comportement quotidien des croyants ». On ne pourrait donc être plus clair à propos de ses dangers, comme par exemple l'amnésie des croyants.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;La sécularisation voue un culte à l'individu&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;D'autres pensent que la sécularisation est le fruit d'un apport de la modernité qui trouve ses racines au Moyen Âge chrétien avec notamment la création des universités. Mais sous couvert d'une liberté reconnue à juste titre par l'Église, n'a-t-on pas fini par oublier&lt;br&gt;d'enseigner Dieu ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans son homélie, Benoît XVI fustigeait justement « la ‘mort de Dieu', annoncée au cours des dernières décennies par de nombreux intellectuels » qui, selon lui, « laisse la place à un culte stérile de l'individu ». Ainsi, « l'homme contemporain a été séduit par « &#8220;l'orgueil&#8221; de la raison », « qui se croit autosuffisante et qui se ferme à la contemplation et à la recherche d'une Vérité qui la dépasse », finissant ainsi par se percevoir comme « le centre » et « la mesure de tout ». Le danger est donc ici le refus du transcendant au profit d'une exaltation de l'homme pour lui-même.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;La sécularisation affaiblit la personne&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;« Dans ce contexte culturel, poursuivait Benoît XVI, on risque de tomber dans une atrophie spirituelle et un vide du c&#339;ur, parfois caractérisés par des formes de substitution d'appartenance religieuse et de vague spiritualisme » car la sécularisation « affaiblit la personne et constitue un obstacle dans son aspiration innée à la Vérité tout entière ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;La transcendance en réponse à la sécularisation&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;Pour faire face à cette situation, le pape insistait sur la nécessité pour l'Église de faire appel aux grandes valeurs de l'existence : « la dignité de la personne humaine et sa liberté, l'égalité entre tous les hommes, le sens de la vie et de la mort et de ce qui nous attend après la vie sur terre ». Qui donne ces valeurs, si ce n'est le Père, le Dieu vivant dont l'homme a soif [4] ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notons que dans cette évangélisation, la morale naturelle est perçue par l'intelligence de tous, sans nécessaire recours à l'argument d'autorité. C'est ce que souligne Jean-Paul II dans son encyclique &lt;i&gt;Veritatis splendor &lt;/i&gt; : &lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« À l'invitation du Concile Vatican II, on a désiré favoriser le dialogue avec la culture moderne, en mettant en lumière le caractère rationnel - et donc universellement intelligible et communicable - des normes morales appartenant au domaine de la loi morale naturelle [5]. »&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Benoît XVI n'a pas ouvert ce nouveau dicastère pour alimenter un affrontement stérile entre Tradition et modernité, la vraie Tradition étant la colonne vertébrale du magistère de l'Église donné sous l'action de l'Esprit Saint, la vraie modernité étant un fruit de ce même Esprit Saint pour le salut des hommes, qui permet d'inventer de nouvelles façons toujours plus pertinentes pour annoncer le Christ. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Benoît n'a pas non plus créé ce conseil pontifical pour des raisons politiciennes ou pour faire un appel du pied aux communautés nouvelles. Il l'a fait pour poursuivre sa mission de pasteur de l'Église (qui tout entière est évangélisatrice), dans la droite ligne de ses prédécesseurs comme Jean-Paul II, à l'origine de l'expression « nouvelle évangélisation », car « nouvelle dans son ardeur, ses méthodes et son expression » (Haïti, 1983). &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans son homélie de lundi, Benoît XVI a d'ailleurs insisté sur « la vocation missionnaire de l'Église », citant la première phrase de l'exhortation apostolique du pape Paul VI &lt;i&gt;Evangelii Nuntiandi&lt;/i&gt; qui disait : &lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« L'effort pour annoncer l'Evangile aux hommes de notre temps, exaltés par l'espérance mais en même temps travaillés souvent par la peur et l'angoisse, est sans nul doute un service rendu à la communauté des chrétiens, mais aussi à toute l'humanité. »&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans cette exhortation, Paul VI soulignait également le risque du sécularisme qui peut aller jusqu'à asphyxier la foi chrétienne. Le radicalisme évangélique séduit d'ailleurs davantage qu'une religion sécularisée.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ouverture au monde n'est pas conditionnée par une ouverture à la sécularisation. Poursuivre le dialogue avec nos contemporains, semer l'Evangile au c&#339;ur de ce monde, ce n'est pas adapter le message pour qu'il soit acceptable par la société moderne et notamment à ses nouveaux modes de vie. C'est proclamer Jésus « à temps et à contretemps » (2 Tim 4,2) nous dit saint Paul, « avec douceur et respect » (Pi 3,15) comme nous l'enseigne l'apôtre Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nouvelle évangélisation n'est donc pas une contre-culture face à la sécularisation, elle est seulement une somme de moyens toujours nouveaux, orchestrés avec une ardeur et une expression nouvelles, pour rendre Dieu plus présent au monde dans la vie de ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;br&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*&lt;b&gt;Jean-Baptiste Maillard&lt;/b&gt; est l'auteur de &lt;i&gt;Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de la France &lt;/i&gt;(Editions de l'OEuvre, 2009).&lt;/p&gt;</description>
		<author>Jean-Baptiste Maillard*</author>
		<dc:date>2010-07-02T17:39:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Maillard*</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Benoît XVI crée un dicastère pour la nouvelle évangélisation</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Benoit-XVI-cree-un-dicastere-pour.html</link>
		<date>2010-07-02 18:02:23</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton604.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;120&quot; height=&quot;161&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
« Il y a des régions du monde qui attendent encore une première évangélisation ; d'autres qui l'ont reçu, mais qui ont besoin d'un travail plus en profondeur ; d'autres encore dans lesquels l'Évangile s'est enraciné depuis longtemps, donnant lieu à une véritable tradition chrétienne, mais dans les derniers siècles - avec une dynamique complexe - le processus de sécularisation a produit une grave crise du sens de la foi chrétienne et de l'appartenance à l'Église. » &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut notamment reconnaître en cette dernière catégorie, l'Europe et l'Amérique du Nord, et tout particulièrement la France, la Fille aînée de l'Église devenue le berceau d'un laïcisme aux épigones prônant la sécularisation à outrance.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'Église est jeune&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce faisant l'héritier de la tradition apostolique de l'Église, Benoit XVI a voulu montrer combien l'action de l'Église dépendait entièrement de sa mission. &lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« En recevant cet héritage, j'ai pu affirmer, au début de mon ministère pétrinien, que l'Église est jeune, ouverte à l'avenir. Et je le répète aujourd'hui, à proximité de la tombe de Paul : l'Église est dans le monde une immense force de renouvellement, non pas assurément par ses propres forces, mais par la force de l'Évangile, dans lequel souffle l'Esprit Saint de Dieu, le Dieu créateur et rédempteur du monde. Les défis de l'époque actuelle sont au-delà des capacités humaines : ces défis, ce sont les défis historiques et sociaux, et à plus forte raison les défis spirituels... »&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qu'est l'Église dépend notamment de la place qu'elle prend dans notre monde contemporain. Ainsi, si la société dans laquelle nous vivons ne reconnaît pas le Dieu que nous aimons et est étrangère au sens du sacré, alors la mission de l'Église ne fait que commencer. &lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Même l'homme du troisième millénaire désire une vie authentique et pleine, il a besoin de vérité, d'une profonde liberté, d'un amour gratuit. Même dans les déserts du monde sécularisé, l'âme de l'homme a soif de Dieu, du Dieu vivant. Pour cette raison, Jean-Paul II a écrit : &#8220;La mission du Christ rédempteur, confiée à l'Église, est encore bien lointaine de son accomplissement&#8221;, et il a ajouté : &#8220;Un regard d'ensemble sur l'humanité montre qu'une telle mission est encore à ses débuts et que nous devons nous employer de toutes nos forces à son service&#8221; (&lt;i&gt;Redemptoris missio&lt;/i&gt;, 1). »&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans cette perspective et pour assumer pleinement cette &lt;i&gt;mission &lt;/i&gt; que le pape a « décidé de créer un nouvel organisme, sous la forme d'un &#8220;Conseil Pontifical&#8221;, avec pour tâche précise de promouvoir une nouvelle évangélisation dans les pays dans lesquels a déjà résonné la première annonce de la foi et où sont présentes des Églises de fondation ancienne, mais qui sont en train de vivre une sécularisation continue de la société et une sorte d'éclipse du sens de Dieu, lesquels constituent un défi pour trouver les moyens adéquats afin de proposer de nouveau l'éternelle vérité de l'Évangile du Christ. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nouveau Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation sera présidé par Mgr Rino Fisichella (photo), actuel président de l'Académie pontificale pour le vie et recteur de l'université du Latran. Il est également depuis quinze ans aumônier des parlementaires italiens.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Antoine Besson</author>
		<dc:date>2010-07-02T16:02:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Besson</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>La pensée sublime de saint Thomas d'Aquin</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/La-pensee-sublime-de-saint-Thomas.html</link>
		<date>2010-06-25 17:42:06</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton603.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;270&quot; height=&quot;383&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'harmonie entre foi et raison&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; (2 juin)&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Chers frères et s&#339;urs, &lt;bR&gt;Après quelques catéchèses sur le sacerdoce et mes derniers voyages, nous revenons aujourd'hui à notre thème principal, c'est-à-dire la méditation de certains grands penseurs du Moyen Âge. Nous avions vu dernièrement la grande figure de saint Bonaventure, franciscain, et je voudrais aujourd'hui parler de celui que l'Église appelle le &lt;i&gt;Doctor&lt;/i&gt; &lt;i&gt;communis : &lt;/i&gt;c'est-à-dire saint Thomas d'Aquin. Mon vénéré prédécesseur, le pape Jean-Paul II, dans son encyclique &lt;i&gt;Fides&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et ratio, &lt;/i&gt;a rappelé que saint Thomas « a toujours été proposé à juste titre par l'Église comme un maître de pensée et le modèle d'une façon correcte de faire de la théologie » (n. 43). Il n'est donc pas surprenant que, après saint Augustin, parmi les écrivains ecclésiastiques mentionnés dans le &lt;i&gt;Catéchisme de l'Église catholique, &lt;/i&gt;saint Thomas soit cité plus que tout autre, pas moins de soixante et une fois ! Il a également été appelé &lt;i&gt;Doctor&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Angelicus, &lt;/i&gt;sans doute en raison de ses vertus, en particulier le caractère sublime de sa pensée et la pureté de sa vie.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;***&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Thomas naquit entre 1224 et 1225 dans le château que sa famille, noble et riche, possédait à Roccasecca, près d'Aquin, à côté de la célèbre abbaye du Mont Cassin, où il fut envoyé par ses parents pour recevoir les premiers éléments de son instruction. Quelques années plus tard, il se rendit dans la capitale du Royaume de Sicile, Naples, où Frédéric II avait fondé une prestigieuse Université. On y enseignait, sans les limitations imposées ailleurs, la pensée du philosophe grec Aristote, auquel le jeune Thomas fut introduit, et dont il comprit immédiatement la grande valeur. Mais surtout, c'est au cours de ces années passées à Naples, que naquit sa vocation dominicaine. Thomas fut en effet attiré par l'idéal de l'Ordre fondé quelques années auparavant par saint Dominique. Toutefois, lorsqu'il revêtit l'habit dominicain, sa famille s'opposa à ce choix, et il fut contraint de quitter le couvent et de passer un certain temps auprès de sa famille.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;En 1245, désormais majeur, il put reprendre son chemin de réponse à l'appel de Dieu. Il fut envoyé à Paris pour étudier la théologie sous la direction d'un autre saint, Albert le Grand, dont j'ai récemment parlé. Albert et Thomas nouèrent une véritable et profonde amitié, et apprirent à s'estimer et à s'aimer, au point qu'Albert voulut que son disciple le suivît également à Cologne, où il avait été envoyé par les Supérieurs de l'Ordre pour fonder une école de théologie. Thomas se familiarisa alors avec toutes les &#339;uvres d'Aristote et de ses commentateurs arabes, qu'Albert illustrait et expliquait.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;Disciple d'Aristote&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;À cette époque, la culture du monde latin avait été profondément stimulée par la rencontre avec les &#339;uvres d'Aristote, qui étaient demeurées longtemps inconnues. Il s'agissait d'écrits sur la nature de la connaissance, sur les sciences naturelles, sur la métaphysique, sur l'âme et sur l'éthique, riches d'informations et d'intuitions, qui apparaissaient de grande valeur et convaincants. Il s'agissait d'une vision complète du monde, développée sans et avant le Christ, à travers la raison pure, et elle semblait s'imposer à la raison comme « la » vision elle-même : c'était donc une incroyable attraction pour les jeunes de voir et de connaître cette philosophie. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;De nombreuses personnes accueillirent avec enthousiasme, et même avec un enthousiasme acritique, cet immense bagage de savoir antique, qui semblait pouvoir renouveler avantageusement la culture, ouvrir des horizons entièrement nouveaux. D'autres, toutefois, craignaient que la pensée païenne d'Aristote fût en opposition avec la foi chrétienne, et se refusaient de l'étudier. Deux cultures se rencontrèrent : la culture pré-chrétienne d'Aristote, avec sa rationalité radicale, et la culture chrétienne classique. Certains milieux étaient conduits à rejeter Aristote également en raison de la présentation qui était faite de ce philosophe par les commentateurs arabes Avicenne et Averroès. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;En effet, c'était eux qui avaient transmis la philosophie d'Aristote au monde latin. Par exemple, ces commentateurs avaient enseigné que les hommes ne disposaient pas d'une intelligence personnelle, mais qu'il existe un unique esprit universel, une substance spirituelle commune à tous, qui &#339;uvre en tous comme « unique » : par conséquent, une dépersonnalisation de l'homme. Un autre point discutable véhiculé par les commentateurs arabes était celui selon lequel le monde est éternel comme Dieu. De façon compréhensible, des discussions sans fin se déchaînèrent dans le monde universitaire et dans le monde ecclésiastique. La philosophie d'Aristote se diffusait même parmi les gens ordinaires.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;À l'école d'Albert le Grand, Thomas d'Aquin fit une chose d'une importance fondamentale pour l'histoire de la philosophie et de la théologie, je dirais même pour l'histoire de la culture : il étudia à fond Aristote et ses interprètes, se procurant de nouvelles traductions latines des textes originaux en grec. Ainsi, il ne s'appuyait plus seulement sur les commentateurs arabes, mais il pouvait également lire personnellement les textes originaux, et commenta une grande partie des &#339;uvres d'Aristote, en y distinguant ce qui était juste de ce qui était sujet au doute ou devant même être entièrement rejeté, en montrant la correspondance avec les données de la Révélation chrétienne et en faisant un usage ample et précis de la pensée d'Aristote dans l'exposition des écrits théologiques qu'il composa. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;En définitive, Thomas d'Aquin démontra qu'entre foi chrétienne et raison, subsiste une harmonie naturelle. Et ceci a été la grande &#339;uvre de Thomas qui, à cette époque de conflit entre deux cultures - époque où il semblait que la foi devait capituler face à la raison - a montré que les deux vont de pair, que ce qui apparaissait comme de la raison non compatible avec la foi n'était pas raison, et que ce qui apparaissait comme de la foi ne l'était pas, si elle s'opposait à la véritable rationalité ; il a ainsi créé une nouvelle synthèse, qui a formé la culture des siècles qui ont suivi.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;Le chercheur et l'enseignant&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;En raison de ses excellentes capacités intellectuelles, Thomas fut rappelé à Paris comme professeur de théologie sur la chaire dominicaine. C'est là aussi que débuta sa production littéraire, qui se poursuivit jusqu'à sa mort, et qui tient du prodige : commentaires des Saintes Écritures, parce que le professeur de théologie était surtout un interprète de l'Ecriture, commentaires des écrits d'Aristote, &#339;uvres systématiques volumineuses, parmi elles l'excellente &lt;i&gt;Summa&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Theologiae&lt;/i&gt;, traités et discours sur divers sujets. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Pour la composition de ses écrits, il était aidé par des secrétaires, au nombre desquels Réginald de Piperno, qui le suivit fidèlement et auquel il fut lié par une amitié sincère et fraternelle, caractérisée par une grande proximité et confiance. C'est là une caractéristique des saints : ils cultivent l'amitié, parce qu'elle est une des manifestations les plus nobles du c&#339;ur humain et elle a quelque chose de divin, comme Thomas l'a lui-même expliqué dans certaines &lt;i&gt;quaestiones&lt;/i&gt; de la &lt;i&gt;Summa&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Theologiae&lt;/i&gt;, où il écrit : « La charité est l'amitié de l'homme avec Dieu principalement, et avec les êtres qui lui appartiennent » (II, q. 23, a. 1).&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Il ne demeura pas longtemps ni de façon stable à Paris. En 1259, il participa au Chapitre général des dominicains à Valenciennes où il fut membre d'une commission qui établit le programme des études dans l'Ordre. De 1261 à 1265, ensuite, Thomas était à Orvieto. Le pape Urbain IV, qui avait pour lui une grande estime, lui commanda la composition de textes liturgiques pour la fête du &lt;i&gt;Corpus Domini&lt;/i&gt;, qui nous célébrons demain, instituée suite au miracle eucharistique de Bolsena. Thomas eut une âme d'une grande sensibilité eucharistique. Les très beaux hymnes que la liturgie de l'Église chante pour célébrer le mystère de la présence réelle du Corps et du Sang du Seigneur dans l'Eucharistie sont attribués à sa foi et à sa sagesse théologique. De 1265 à 1268 Thomas résida à Rome où, probablement, il dirigeait un &lt;i&gt;Studium&lt;/i&gt;, c'est-à-dire une maison d'étude de l'Ordre, et où il commença à écrire sa &lt;i&gt;Summa&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Theologiae&lt;/i&gt; (cf. Jean-Pierre Torell, &lt;i&gt;Thomas d'Aquin. L'homme et le théologien&lt;/i&gt;, Casale Monf., 1994).&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;En 1269 il fut rappelé à Paris pour un second cycle d'enseignement. Les étudiants - on les comprend - étaient enthousiastes de ses leçons. L'un de ses anciens élèves déclara qu'une très grande foule d'étudiants suivaient les cours de Thomas, au point que les salles parvenaient à peine à tous les contenir et il ajoutait dans une remarque personnelle que « l'écouter était pour lui un profond bonheur ». L'interprétation d'Aristote donnée par Thomas n'était pas acceptée par tous, mais même ses adversaires dans le domaine académique, comme Godefroid de Fontaines, par exemple, admettaient que la doctrine du frère Thomas était supérieure à d'autres par son utilité et sa valeur et permettait de corriger celles de tous les autres docteurs. Peut-être aussi pour le soustraire aux vives discussions en cours, ses supérieurs l'envoyèrent encore une fois à Naples, pour être à mis à la disposition du roi Charles Ier, qui entendait réorganiser les études universitaires.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;La prédication&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;Outre les études et l'enseignement, Thomas se consacra également à la prédication au peuple. Et le peuple aussi venait volontiers l'écouter. Je dirais que c'est vraiment une grande grâce lorsque les théologiens savent parler avec simplicité et ferveur aux fidèles. Le ministère de la prédication, d'autre part, aide à son tour les chercheurs en théologie à faire preuve d'un sain réalisme pastoral, et enrichit leur recherche de vifs élans.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Les derniers mois de la vie terrestre de Thomas restent entourés d'un climat particulier, mystérieux dirais-je. En décembre 1273, il appela son ami et secrétaire Réginald pour lui communiquer sa décision d'interrompre tout travail, parce que, pendant la célébration de la messe, il avait compris, suite à une révélation surnaturelle, que tout ce qu'il avait écrit jusqu'alors n'était qu'« un tas de paille ». C'est un épisode mystérieux, qui nous aide à comprendre non seulement l'humilité personnelle de Thomas, mais aussi le fait que tout ce que nous réussissons à penser et à dire sur la foi, aussi élevé et pur que ce soit, est infiniment dépassé par la grandeur et par la beauté de Dieu, qui nous sera révélée en plénitude au Paradis. Quelques mois plus tard, absorbé toujours davantage dans une profonde méditation, Thomas mourut alors qu'il était en route vers Lyon, où il se rendait pour prendre part au Concile &#339;cuménique convoqué par le pape Grégoire X. Il s'éteignit dans l'Abbaye cistercienne de Fossanova, après avoir reçu le Viatique avec des sentiments de grande piété.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;La vie et l'enseignement de saint Thomas d'Aquin pourrait être résumés dans un épisode rapporté par les anciens biographes. Tandis que le saint, comme il en avait l'habitude, était en prière devant le crucifix, tôt le matin dans la chapelle « San Nicola » à Naples, Domenico da Caserta, le sacristain de l'Église, entendit un dialogue. Thomas demandait inquiet, si ce qu'il avait écrit sur les mystères de la foi chrétienne était juste. Et le Crucifié répondit : « Tu as bien parlé de moi, Thomas. Quelle sera ta récompense ? ». Et la réponse que Thomas donna est celle que nous aussi, amis et disciples de Jésus, nous voudrions toujours lui dire : « Rien d'autre que Toi, Seigneur ! » (&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 320).&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Résumé aux pèlerins français&lt;/i&gt;&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;i&gt;Surnommé le Docteur Angélique à cause de la sublimité de sa pensée et de la pureté de sa vie, Thomas est né vers 1224 à Aquin, près du Mont Cassin. Désireux très tôt d'embrasser l'idéal dominicain, il connut l'opposition de sa famille. Une fois majeur, il se mit sous la conduite de Saint Albert le Grand qui devint son maître et son grand ami. En étudiant Aristote, il démontra l'harmonie naturelle entre la foi chrétienne et la raison. Il enseigna la dogmatique à Paris, qui vit le début de sa prodigieuse production littéraire qui culmine dans la &lt;/i&gt;Summa Theologiae&lt;i&gt;, la Somme théologique avec ses célèbres &lt;/i&gt;quaestiones&lt;i&gt;. Pour Thomas, la charité est principalement l'amitié de l'homme pour Dieu, et pour les êtres qui lui appartiennent. Il composa aussi des hymnes liturgiques au Saint Sacrement. Sa grande humilité l'entraînait à considérer la grandeur et la beauté de Dieu infiniment supérieures à toute pensée sur la foi. Il encouragea les prédicateurs à parler avec simplicité et ferveur. Préoccupé jusqu'à la fin par la justesse de sa doctrine, Thomas eut un dialogue émouvant avec le Crucifié qui lui dit : « Tu as bien parlé de moi, Thomas ! Quelle sera ta récompense ? », le Saint répondit d'une manière exemplaire pour nous tous : « Rien d'autre que toi, Seigneur » !&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;bR&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La nature et la grâce&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; (16 juin)&lt;br&gt;Chers frères et s&#339;urs ! &lt;bR&gt;Je voudrais aujourd'hui continuer la présentation de saint Thomas d'Aquin, un théologien d'une telle valeur que l'étude de sa pensée a été explicitement recommandée par le Concile Vatican II dans deux documents, le décret &lt;i&gt;Optatam totius&lt;/i&gt;, sur la formation au sacerdoce, et la déclaration &lt;i&gt;Gravissimum educationis&lt;/i&gt;, qui traite de l'éducation chrétienne. Du reste, déjà en 1880, le pape Léon XIII, un grand amateur et promoteur des études thomistes, voulut déclarer saint Thomas Patron des écoles et des universités catholiques.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;La principale raison de cette estime réside non seulement dans le contenu de son enseignement, mais aussi dans la méthode qu'il a adoptée, notamment sa nouvelle synthèse et distinction entre philosophie et théologie. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;La philosophie et la théologie&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;Les Pères de l'Église se trouvaient confrontés à diverses philosophies de type platonicien, dans lesquelles était présentée une vision complète du monde et de la vie, y compris la question de Dieu et de la religion. En se confrontant avec ces philosophies, eux-mêmes avaient élaboré une vision complète de la réalité, en partant de la foi et en utilisant des éléments du platonisme, pour répondre aux questions essentielles des hommes. Cette vision, basée sur la révélation biblique et élaborée avec un platonisme corrigé à la lumière de la foi, ils l'appelaient, « notre philosophie ». Le terme « philosophie » n'était donc pas l'expression d'un système purement rationnel et, en tant que tel, distinct de la foi, mais indiquait une vision d'ensemble de la réalité, construite à la lumière de la foi, mais faite sienne et pensée par la raison ; une vision qui, bien sûr, allait au-delà des capacités propres de la raison, mais qui, en tant que telle, était aussi satisfaisante pour celle-ci. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Pour saint Thomas, la rencontre avec la philosophie pré-chrétienne d'Aristote (mort vers 322 av. J.C.) ouvrait une perspective nouvelle. La philosophie aristotélicienne était, évidemment, une philosophie élaborée sans connaissance de l'Ancien et du Nouveau Testament, une explication du monde sans révélation, par la raison seule. Et cette rationalité conséquente était convaincante. Ainsi l'ancienne formule de « notre philosophie » des Pères ne fonctionnait plus. La relation entre philosophie et théologie, entre foi et raison, était à repenser. Il existait une « philosophie » complète et convaincante en elle-même, une rationalité précédant la foi, et puis la « théologie », une pensée avec la foi et dans la foi. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;La question pressante était la suivante : le monde de la rationalité, la philosophie pensée sans le Christ, et le monde de la foi sont-ils compatibles ? Ou bien s'excluent-ils ? Il ne manquait pas d'éléments qui affirmaient l'incompatibilité entre les deux mondes, mais saint Thomas était fermement convaincu de leur compatibilité - et même que la philosophie élaborée sans la connaissance du Christ attendait en quelque sorte la lumière de Jésus pour être complète. Telle a été la grande « surprise » de saint Thomas, qui a déterminé son parcours de penseur. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Montrer cette indépendance entre la philosophie et la théologie et, dans le même temps, leur relation réciproque a été la mission historique du grand maître. Et on comprend ainsi que, au XIXe siècle, alors que l'on déclarait avec force l'incompatibilité entre la raison moderne et la foi, le pape Léon XIII indiqua saint Thomas comme guide dans le dialogue entre l'une et l'autre. Dans son travail théologique, saint Thomas suppose et concrétise cette relation. La foi consolide, intègre et illumine le patrimoine de vérité que la raison humaine acquiert. La confiance que saint Thomas accorde à ces deux instruments de la connaissance - la foi et la raison - peut être reconduite à la conviction que toutes deux proviennent de l'unique source de toute vérité, le &lt;i&gt;Logos&lt;/i&gt; divin, qui est à l'&#339;uvre aussi bien dans le domaine de la création que dans celui de la rédemption.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;Les processus de connaissance&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;En plus de l'accord entre la raison et la foi, il faut reconnaître, d'autre part, que celles-ci font appel à des processus de connaissance différents. La raison accueille une vérité en vertu de son évidence intrinsèque, médiate ou immédiate ; la foi, en revanche, accepte une vérité sur la base de l'autorité de la Parole de Dieu qui est révélée. Saint Thomas écrit au début de sa &lt;i&gt;Summa Theologiae&lt;/i&gt; : « L'ordre des sciences est double ; certaines procèdent de principes connus à travers la lumière naturelle de la raison, comme la mathématique, la géométrie et équivalents ; d'autres procèdent de principes connus à travers une science supérieure, c'est-à-dire la science de Dieu et des saints » (I, q. 1, a. 2).&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Cette distinction assure l'autonomie autant des sciences humaines que des sciences théologiques. Celle-ci n'équivaut pas toutefois à une séparation, mais implique plutôt une collaboration réciproque et bénéfique. La foi, en effet, protège la raison de toute tentation de manquer de confiance en ses propres capacités, elle l'encourage à s'ouvrir à des horizons toujours plus vastes, elle garde vivante en elle la recherche des fondements et, quand la raison elle-même s'applique à la sphère surnaturelle du rapport entre Dieu et l'homme, elle enrichit son travail. Selon saint Thomas, par exemple, la raison humaine peut sans aucun doute parvenir à l'affirmation de l'existence d'un Dieu unique, mais seule la foi, qui accueille la Révélation divine, est en mesure de puiser au mystère de l'Amour du Dieu Un et Trine.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Par ailleurs, ce n'est pas seulement la foi qui aide la raison. La raison elle aussi, avec ses moyens, peut faire quelque chose d'important pour la foi, en lui rendant un triple service que saint Thomas résume dans le préambule de son commentaire au &lt;i&gt;De Trinitate&lt;/i&gt; de Boèce : « Démontrer les fondements de la foi ; expliquer à travers des similitudes les vérités de la foi ; repousser les objections qui sont soulevées contre la foi » (q. 2, a. 2). Toute l'histoire de la théologie est, au fond, l'exercice de cet engagement de l'intelligence, qui montre l'intelligibilité de la foi, son articulation et son harmonie interne, son caractère raisonnable, sa capacité à promouvoir le bien de l'homme. La justesse des raisonnements théologiques et leur signification réelle de connaissance se basent sur la valeur du langage théologique, qui est, selon saint Thomas, principalement un langage analogique. La distance entre Dieu, le Créateur, et l'être de ses créatures est infinie ; la dissimilitude est toujours plus grande que la similitude (cf. DS 806). Malgré tout, dans toute la différence entre le Créateur et la créature, il existe une analogie entre l'être créé et l'être du Créateur, qui nous permet de parler avec des paroles humaines sur Dieu.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;La doctrine de l'analogie&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;Saint Thomas a fondé la doctrine de l'analogie, non seulement sur des thèmes spécifiquement philosophiques, mais également sur le fait qu'à travers la Révélation, Dieu lui-même nous a parlé et nous a donc autorisés à parler de Lui. Je considère qu'il est important de rappeler cette doctrine. En effet, celle-ci nous aide à surmonter certaines objections de l'athéisme contemporain, qui nie que le langage religieux soit pourvu d'une signification objective, et soutient au contraire qu'il a uniquement une valeur subjective ou simplement émotive. Cette objection découle du fait que la pensée positiviste est convaincue que l'homme ne connaît pas l'être, mais uniquement les fonctions qui peuvent être expérimentées par la réalité. Avec saint Thomas et avec la grande tradition philosophique, nous sommes convaincus qu'en réalité, l'homme ne connaît pas seulement les fonctions, objet des sciences naturelles, mais connaît quelque chose de l'être lui-même, par exemple, il connaît la personne, le Toi de l'autre, et non seulement l'aspect physique et biologique de son être.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;A la lumière de cet enseignement de saint Thomas, la théologie affirme que, bien que limité, le langage religieux est doté de sens - car nous touchons l'être - comme une flèche qui se dirige vers la réalité qu'elle signifie. Cet accord fondamental entre raison humaine et foi chrétienne est présent dans un autre principe fondamental de la pensée de saint Thomas d'Aquin ; la Grâce divine n'annule pas, mais suppose et perfectionne la nature humaine. En effet, cette dernière, même après le péché, n'est pas complètement corrompue, mais blessée et affaiblie. La grâce, élargie par Dieu et communiquée à travers le Mystère du Verbe incarné, est un don absolument gratuit avec lequel la nature est guérie, renforcée et aidée à poursuivre le désir inné dans le c&#339;ur de chaque homme et de chaque femme : le bonheur. Toutes les facultés de l'être humain sont purifiées, transformées et élevées dans la Grâce divine.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;La loi naturelle et la grâce&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;Une application importante de cette relation entre la nature et la Grâce se retrouve dans la théologie morale de saint Thomas d'Aquin, qui apparaît d'une grande actualité. Au centre de son enseignement dans ce domaine, il place la loi nouvelle, qui est la loi de l'Esprit Saint. Avec un regard profondément évangélique, il insiste sur le fait que cette loi est la Grâce de l'Esprit Saint donnée à tous ceux qui croient dans le Christ. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;À cette grâce s'unit l'enseignement écrit et oral des vérités doctrinales et morales, transmises par l'Église. Saint Thomas, en soulignant le rôle fondamental, dans la vie morale, de l'action de l'Esprit Saint, de la Grâce, dont jaillissent les vertus théologales et morales, fait comprendre que chaque chrétien peut atteindre les autres perspectives du « Sermon sur la montagne » s'il vit un rapport authentique de foi dans le Christ, s'il s'ouvre à l'action de son Saint Esprit. Mais - ajoute saint Thomas d'Aquin - « même si la grâce est plus efficace que la nature, la nature est plus essentielle pour l'homme » (&lt;i&gt;Summa Theologiae&lt;/i&gt;, ia, q. 29. a. 3), c'est pourquoi, dans la perspective morale chrétienne, il existe une place pour la raison, qui est capable de discerner la loi morale naturelle. La raison peut la reconnaître en considérant ce qu'il est bon de faire et ce qu'il est bon d'éviter pour atteindre le bonheur qui tient au c&#339;ur de chacun, et qui impose également une responsabilité envers les autres, et donc, la recherche du bien commun. En d'autres termes, les vertus de l'homme, théologales et morales, sont enracinées dans la nature humaine. La Grâce divine accompagne, soutient et pousse l'engagement éthique, mais, en soi, selon saint Thomas, tous les hommes, croyants et non croyants, sont appelés à reconnaître les exigences de la nature humaine exprimées dans la loi naturelle et à s'inspirer d'elle dans la formulation des lois positives, c'est-à-dire de celles émanant des autorités civiles et politiques pour réglementer la coexistence humaine.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Lorsque la loi naturelle et la responsabilité qu'elle implique sont niées, on ouvre de façon dramatique la voie au relativisme éthique sur le plan individuel et au totalitarisme de l'État sur le plan politique. La défense des droits universels de l'homme et l'affirmation de la valeur absolue de la dignité de la personne présupposent un fondement. Ce fondement n'est-il pas la loi naturelle, avec les valeurs non négociables qu'elle indique ? Le vénérable Jean-Paul II écrivait dans son encyclique &lt;i&gt;Evangelium vitae&lt;/i&gt; des paroles qui demeurent d'une grande actualité ; « Pour l'avenir de la société et pour le développement d'une saine démocratie, il est donc urgent de redécouvrir l'existence de valeurs humaines et morales essentielles et originelles, qui découlent de la vérité même de l'être humain et qui expriment et protègent la dignité de la personne ; ce sont donc des valeurs qu'aucune personne, aucune majorité ni aucun État ne pourront jamais créer, modifier ou abolir, mais que l'on est tenu de reconnaître, respecter et promouvoir » (n. 71).&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;En conclusion, Thomas nous propose un concept de la raison humaine ample et confiant : &lt;i&gt;ample&lt;/i&gt;, car il ne se limite pas aux espaces de la soi-disant raison empirique-scientifique, mais il est ouvert à tout l'être et donc également aux questions fondamentales et auxquelles on ne peut renoncer de la vie humaine ; et &lt;i&gt;confiant&lt;/i&gt;, car la raison humaine, surtout si elle accueille les inspirations de la foi chrétienne, est promotrice d'une civilisation qui reconnaît la dignité de la personne, le caractère intangible de ses droits et le caractère coercitif de ses devoirs. Il n'est pas surprenant que la doctrine sur la dignité de la personne, fondamentale pour la reconnaissance du caractère inviolable de l'homme, se soit développée dans des domaines de pensée qui ont recueilli l'héritage de saint Thomas d'Aquin, qui avait une conception très élevée de la créature humaine. Il la définit, à travers son langage rigoureusement philosophique, comme « ce qui se trouve de plus parfait dans toute la nature, c'est-à-dire un sujet subsistant dans une nature rationnelle » (&lt;i&gt;Summa Theologiae&lt;/i&gt;, ia, q. 29, a. 3).&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;La profondeur de la pensée de saint Thomas d'Aquin découle - ne l'oublions jamais - de sa foi vivante et de sa piété fervente, qu'il exprimait dans des prières inspirées, comme celle où il demande à Dieu : « Accorde-moi, je t'en prie, une volonté qui te recherche, une sagesse qui te trouve, une vie qui te plaît, une persévérance qui t'attend avec patience et une confiance qui parvienne à la fin à te posséder ». &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;i&gt;&lt;bR&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Résumé aux pèlerins français&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;b&gt;&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;i&gt;Pour l'éminent théologien Thomas d'Aquin, la vérité est accessible à la raison humaine. Comme la foi, la raison dérive de l'unique source de toute vérité : le Logos divin. Mais la raison accueille une vérité en vertu de son évidence intrinsèque, alors que la foi accepte une vérité sur la base de l'autorité de la Parole de Dieu. La raison peut rendre un triple service à la foi : démontrer ses fondements, expliquer ses vérités, et repousser les objections contre elle. Thomas affirme que le langage religieux a un sens comme une flèche qui se dirige vers la réalité signifiée. D'autre part, la grâce divine n'annule pas mais suppose et perfectionne la nature humaine, montrant ainsi l'harmonie entre raison et foi. Basée sur la loi de l'Esprit Saint, la théologie morale de Thomas est d'actualité ! Tous les hommes sont appelés à reconnaître les exigences de la nature humaine inscrites dans la loi naturelle, et à s'en inspirer pour formuler des lois positives qui régissent la vie en société. La profondeur la pensée de Thomas provient de sa foi vivante. Puissions-nous prier comme lui : « Donne-moi, Seigneur mon Dieu, une volonté qui te cherche, une sagesse qui te trouve, une vie qui te plaise, une persévérance qui t'attende avec confiance, et une confiance qui finalement parvient à te posséder ».&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;bR&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'enseignement théologique&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; (23 juin)&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Chers frères et s&#339;urs ! &lt;bR&gt;Je voudrais aujourd'hui compléter, par une troisième partie, mes catéchèses sur saint Thomas d'Aquin. Même à 700 ans de sa mort nous pouvons beaucoup apprendre de lui. C'est ce que rappelait également mon prédécesseur, le pape Paul VI, qui, dans un discours prononcé à Fossanova le 14 septembre 1974, à l'occasion du septième centenaire de la mort de saint Thomas, se demandait : « Maître Thomas, quelle leçon peux-tu nous donner ? » Et il répondit ainsi : « La confiance dans la vérité de la pensée religieuse catholique, telle qu'il la défendit, l'exposa, l'ouvrit à la capacité cognitive de l'esprit humain » (&lt;i&gt;Insegnamenti di Paolo VI, XII&lt;/i&gt; [1974], p. 833-834). Et, le même jour, à Aquin, se référant toujours à saint Thomas, il affirmait : « Tous, nous qui sommes des fils fidèles de l'Église, nous pouvons et nous devons, au moins dans une certaine mesure, être ses disciples ! » &lt;i&gt;(ibid.,&lt;/i&gt; p. 836).&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;La somme théologique&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;Mettons-nous donc nous aussi à l'école de saint Thomas et de son chef-d'&#339;uvre, la &lt;i&gt;Summa Theologiae&lt;/i&gt;. Celle-ci, bien qu'étant inachevée, est une &#339;uvre monumentale : elle contient 512 questions et 2669 articles. Il s'agit d'un raisonnement serré, dans lequel l'application de l'intelligence humaine aux mystères de la foi procède avec clarté et profondeur, mêlant des questions et des réponses, dans lesquelles saint Thomas approfondit l'enseignement qui vient de l'Écriture Sainte et des Pères de l'Église, en particulier saint Augustin. Dans cette réflexion, dans la rencontre de vraies questions de son époque, qui sont aussi et souvent des questions de notre temps, saint Thomas, utilisant également la méthode et la pensée des philosophes antiques, en particulier Aristote, arrive à des formulations précises, lucides et pertinentes des vérités de la foi, où la vérité est don de la foi, où elle resplendit et nous devient accessible, ainsi qu'à notre réflexion. Cependant, cet effort de l'esprit humain - rappelle saint Thomas à travers sa vie elle-même - est toujours éclairé par la prière, par la lumière qui vient d'En-haut. Seul celui qui vit avec Dieu et avec ses mystères pour comprendre ce qu'ils disent. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Dans la &lt;i&gt;Summa&lt;/i&gt; de théologie, saint Thomas part du fait qu'il existe trois différentes façons de l'être et de l'essence de Dieu : Dieu existe en lui-même, il est le principe et la fin de toute chose, c'est pourquoi toutes les créatures procèdent et dépendent de Lui ; ensuite, Dieu est présent à travers sa Grâce dans la vie et dans l'activité du chrétien, des saints ; enfin, Dieu est présent d'une manière toute particulière en la Personne du Christ et dans les Sacrements, qui naissent de son &#339;uvre rédemptrice. Mais la structure de cette &#339;uvre monumentale (cf. Jean-Pierre Torrell, La « Summa » di San Tommaso, Milan 2003, pp. 29-75), une recherche de la plénitude de Dieu avec un « regard théologique » (cf. &lt;i&gt;Summa Theologiae,&lt;/i&gt; ia, q. 1, a. 7), est articulée en trois parties, et est illustrée par le &lt;i&gt;Doctor Communis&lt;/i&gt; lui-même - saint Thomas - avec ces mots : « Le but principal de la sainte doctrine est celui de faire connaître Dieu, et pas seulement en lui-même, mais également en tant que principe et fin des choses, et spécialement de la créature raisonnable. Dans l'intention d'exposer cette doctrine, nous traiterons en premier de Dieu ; en deuxième du mouvement de la créature vers Dieu ; et en troisième du Christ, qui, en tant qu'homme, est pour nous le chemin pour monter vers Dieu » (ibid., i, q. 2). C'est un cercle : Dieu en lui-même, qui sort de lui-même et nous prend par la main, afin qu'avec le Christ nous retournions à Dieu, nous soyons unis à Dieu, et Dieu sera tout en tous.&lt;bR&gt;&lt;b&gt;&lt;bR&gt;De Dieu à l'homme par le Christ&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;La première partie de la &lt;i&gt;Summa Theologiae &lt;/i&gt;enquête donc sur Dieu en lui-même, sur le mystère de la Trinité et sur l'activité créatrice de Dieu. Dans cette partie, nous trouvons également une profonde réflexion sur la réalité authentique de l'être humain en tant que sorti des mains créatrices de Dieu, fruit de son amour. D'une part nous sommes un être créé, dépendant, nous ne venons pas de nous-mêmes, mais de l'autre, nous avons une véritable autonomie, ainsi nous ne sommes pas seulement quelque chose d'apparent - comme disent certains philosophes platoniciens - mais une réalité voulue par Dieu comme telle, et qui possède une valeur en elle-même.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Dans la deuxième partie, saint Thomas considère l'homme, animé par la grâce, dans son aspiration à connaître et à aimer Dieu pour être heureux dans le temps et pour l'éternité. L'auteur présente tout d'abord les principes théologiques de l'action morale, en étudiant comment, dans le libre choix de l'homme d'accomplir des actes bons, s'intègrent la raison, la volonté et les passions, auxquelles s'ajoute la force que donne la Grâce de Dieu à travers les vertus et les dons de l'Esprit Saint, ainsi que l'aide qui est offerte également par la loi morale. Ainsi, l'être humain est un être dynamique qui se cherche lui-même, qui cherche à être lui-même et cherche, de cette manière, à accomplir des actes qui l'édifient, qui le font devenir vraiment homme ; et celui qui pénètre dans la loi morale, pénètre dans la grâce, dans sa propre raison, sa volonté et ses passions. Sur ce fondement, saint Thomas trace la physionomie de l'homme qui vit selon l'Esprit et qui devient, ainsi, une icône de Dieu. Saint Thomas s'arrête ici pour étudier les trois vertus théologales - la foi, l'espérance et la charité -, suivies de l'examen approfondi de plus de cinquante vertus morales, organisées autour des quatre vertus cardinales : la prudence, la justice, la tempérance et la force. Il termine ensuite par une réflexion sur les différentes vocations dans l'Église.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Dans la troisième partie de la &lt;i&gt;Summa&lt;/i&gt;, saint Thomas étudie le Mystère du Christ - le chemin et la vérité - au moyen duquel nous pouvons rejoindre Dieu le Père. Dans cette section, il écrit des pages presque uniques sur le Mystère de l'Incarnation et de la Passion de Jésus, en ajoutant ensuite une vaste réflexion sur les sept Sacrements, car en eux le Verbe divin incarné étend les bénéfices de l'Incarnation pour notre salut, pour notre chemin de foi vers Dieu et la vie éternelle et demeure presque présent matériellement avec la réalité de la création et nous touche ainsi au plus profond de nous-mêmes.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;Le mystère de l'Eucharistie&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;En parlant des Sacrements, saint Thomas s'arrête de manière particulière sur le Mystère de l'Eucharistie, pour lequel il eut une très grande dévotion, au point que, selon ses antiques biographes, il avait l'habitude d'approcher son visage du Tabernacle comme pour sentir battre le C&#339;ur divin et humain de Jésus. Dans l'une de ses &#339;uvres de commentaire de l'Écriture, saint Thomas nous aide à comprendre l'excellence du Sacrement de l'Eucharistie, lorsqu'il écrit : « L'Eucharistie étant le Sacrement de la Passion de notre Seigneur, elle contient Jésus Christ qui souffrit pour nous. Et donc, tout ce qui est l'effet de la Passion de notre Seigneur, est également l'effet de ce sacrement, n'étant autre que l'application en nous de la Passion du Seigneur » (&lt;i&gt;In Ioannem&lt;/i&gt;, c.6, lect. 6, n. 963). Nous comprenons bien pourquoi saint Thomas et d'autres saints ont célébré la Messe en versant des larmes de compassion pour le Seigneur, qui s'offre en sacrifice pour nous, des larmes de joie et de gratitude.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Chers frères et s&#339;urs, à l'école des saints, tombons amoureux de ce Sacrement ! Participons à la Messe avec recueillement, pour en obtenir des fruits spirituels, nourrissons-nous du Corps et du Sang du Seigneur, pour être sans cesse nourris par la Grâce divine ! Entretenons-nous volontiers et fréquemment, familièrement, avec le Très Saint Sacrement !&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Ce que saint Thomas a illustré avec une grande rigueur scientifique dans ses &#339;uvres théologiques majeures, comme justement la &lt;i&gt;Summa Theologiae&lt;/i&gt;, et également la &lt;i&gt;Summa contra Gentiles&lt;/i&gt; a été exposé dans sa prédication, adressée aux étudiants et aux fidèles. En 1273, un an avant sa mort, pendant toute la période du Carême, il tint des prédications dans l'église &lt;i&gt;San Domenico Maggiore &lt;/i&gt;à Naples. Le contenu de ces sermons a été recueilli et conservé : ce sont les Opuscules où il explique le Symbole des Apôtres, interprète la prière du Notre Père, illustre le Décalogue et commente l'Ave Maria. Le contenu des prédications du &lt;i&gt;Doctor Angelicus&lt;/i&gt; correspond presque tout entier à la structure du Catéchisme de l'Église catholique. En effet, dans la catéchèse et dans la prédication, à une époque comme la nôtre d'engagement renouvelé pour l'évangélisation, ces arguments fondamentaux ne devraient jamais faire défaut : ce que nous croyons, et voici le Symbole de la foi ; ce que nous prions, et voici le Notre Père et l'Ave Maria ; et ce que nous vivons comme nous l'enseigne la Révélation biblique, et voici la loi de l'amour de Dieu et du prochain et les Dix Commandements comme explication de ce mandat de l'amour.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;La valeur de la foi&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;Je voudrais proposer quelques exemples du contenu, simple, essentiel et convaincant, de l'enseignement de saint Thomas. Dans son Opuscule sur le Symbole des Apôtres, il explique la valeur de la foi. Par l'intermédiaire de celle-ci, dit-il, l'âme s'unit à Dieu, et il se produit comme un bourgeon de vie éternelle ; la vie reçoit une orientation sûre, et nous dépassons avec aisance les tentations. A qui objecte que la foi est une stupidité, parce qu'elle fait croire en quelque chose qui n'appartient pas à l'expérience des sens, saint Thomas offre une réponse très articulée, et il rappelle que cela est un doute inconsistant, parce que l'intelligence humaine est limitée et ne peut pas tout connaître. Ce n'est que dans le cas où nous pourrions connaître parfaitement toutes les choses visibles et invisibles, que ce serait alors une authentique stupidité d'accepter des vérités par pure foi. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Par ailleurs, il est impossible de vivre, observe saint Thomas, sans se fier à l'expérience des autres, là où la connaissance personnelle n'arrive pas. Il est donc raisonnable de prêter foi à Dieu qui se révèle et au témoignage des Apôtres : ils étaient un petit nombre, simples et pauvres, bouleversés par la Crucifixion de leur Maître ; pourtant beaucoup de personnes sages, nobles et riches se sont converties en peu de temps à l'écoute de leur prédication. Il s'agit, en effet, d'un phénomène historiquement prodigieux, auquel on peut difficilement donner une autre réponse raisonnable, sinon celle de la rencontre des Apôtres avec le Christ ressuscité.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;En commentant l'article du Symbole sur l'Incarnation du Verbe divin, saint Thomas fait certaines considérations. Il affirme que la foi chrétienne, si l'on considère le mystère de l'Incarnation, se trouve renforcée ; l'espérance s'élève plus confiante, à la pensée que le Fils de Dieu est venu parmi nous, comme l'un de nous pour communiquer aux hommes sa divinité ; la charité est ravivée, parce qu'il n'y a pas de signe plus évident de l'amour de Dieu pour nous, que de voir le Créateur de l'univers se faire lui-même créature, un de nous. Enfin, si l'on considère le mystère de l'Incarnation de Dieu, nous sentons s'enflammer notre désir de rejoindre le Christ dans la gloire. Pour faire une comparaison simple mais efficace, saint Thomas observe : « Si le frère d'un roi était loin, il brûlerait certainement de pouvoir vivre à ses côtés. Eh bien, le Christ est notre frère : nous devons donc désirer sa compagnie, devenir un seul c&#339;ur avec lui » (&lt;i&gt;Opuscoli teologico-spirituali,&lt;/i&gt; Rome 1976, p. 64).&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;En présentant la prière du Notre Père, saint Thomas montre qu'elle est en soit parfaite, ayant les cinq caractéristiques qu'une oraison bien faite devrait posséder : l'abandon confiant et tranquille ; un contenu convenable, car - observe saint Thomas - « il est très difficile de savoir exactement ce qu'il est opportun de demander ou non, du moment que nous sommes en difficulté face à la sélection des désirs » (Ibid., p. 120) ; et puis l'ordre approprié des requêtes, la ferveur de la charité et la sincérité de l'humilité. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Saint Thomas a été, comme tous les saints, un grand dévot de la Vierge. Il l'a appelée d'un nom formidable : &lt;i&gt;Triclinium totius Trinitatis,&lt;/i&gt; triclinium, c'est-à-dire lieu où la Trinité trouve son repos, parce qu'en raison de l'Incarnation, en aucune créature comme en elle, les trois Personnes divines habitent et éprouvent délice et joie à vivre dans son âme pleine de Grâce. Par son intercession nous pouvons obtenir tous les secours.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Avec une prière qui est traditionnellement attribuée à saint Thomas et qui, quoi qu'il en soit, reflète les éléments de sa profonde dévotion mariale, nous disons nous aussi : « O bienheureuse et très douce Vierge Marie, Mère de Dieu..., je confie à ton c&#339;ur miséricordieux toute ma vie... Obtiens-moi, ô ma très douce Dame, la véritable charité, avec laquelle je puisse aimer de tout mon c&#339;ur ton très saint Fils et toi, après lui, par dessus toute chose, et mon prochain en Dieu et pour Dieu ».&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i&gt;Résumé aux pèlerins français&lt;/i&gt; &lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;i&gt;Chers frères et s&#339;urs, continuant aujourd'hui la catéchèse sur saint Thomas d'Aquin, je désire m'arrêter sur la Somme théologique. Bien qu'inachevée, elle constitue son chef d'&#339;uvre. En recourant à la pensée des philosophes de l'Antiquité et surtout d'Aristote, saint Thomas explore l'enseignement qui vient de l'Écriture Sainte et des Pères de l'Église, notamment de saint Augustin. La Somme est structurée en trois parties correspondant aux trois modes de l'existence de Dieu. Premièrement, Dieu existe en lui-même et il constitue le principe et la fin de toutes les créatures. Le Docteur Angélique expose ensuite le Mystère trinitaire et réfléchit sur l'authentique réalité de l'être humain. La seconde partie de l'ouvrage aborde la présence de Dieu à travers sa grâce dans la vie et l'action des hommes. Saint Thomas dessine la physionomie de l'homme qui vit selon l'Esprit, devenant ainsi une icône de Dieu. La troisième partie est consacrée au Mystère du Christ, Vie et Vérité, présent de façon très particulière dans les Sacrements. Le développement important qu'il accorde au Mystère de l'Eucharistie nous révèle l'intelligence d'un théologien qui prie et qui nous aide à aimer ce Sacrement et à en vivre. Saint Thomas nous indique ce que nous devons croire : le Credo, ce que nous devons prier : le Notre Père, et ce que nous devons vivre : la Loi d'Amour de Dieu et du prochain, et les Dix Commandements.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;bR&gt;&lt;/i&gt;&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-06-25T15:42:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

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		<title>Clôture de l'année sacerdotale : la tendresse de Dieu dans le don du sacerdoce</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Cloture-de-l-annee-sacerdotale-la.html</link>
		<date>2010-06-18 12:29:16</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton602.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;439&quot; height=&quot;245&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chers confrères dans le ministère sacerdotal,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chers frères et s&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Année sacerdotale que nous avons célébrée, 150 ans après la mort du saint Curé d'Ars, modèle du ministère sacerdotal dans notre monde, arrive à son terme. Par le Curé d'Ars, nous nous sommes laissé guider, pour saisir à nouveau la grandeur et la beauté du ministère sacerdotal. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le prêtre n'est pas simplement le détenteur d'une charge, comme celles dont toute société a besoin afin qu'en son sein certaines fonctions puissent être remplies. Il fait en revanche quelque chose qu'aucun être humain ne peut faire de lui-même : il prononce au nom du Christ la parole de l'absolution de nos péchés et il transforme ainsi, à partir de Dieu, la situation de notre existence. Il prononce sur les offrandes du pain et du vin les paroles d'action de grâce du Christ qui sont paroles de transsubstantiation - des paroles qui le rendent présent, Lui, le Ressuscité, son Corps et son Sang, et transforment ainsi les éléments du monde : des paroles qui ouvrent le monde à Dieu et l'unissent à Lui. Le sacerdoce n'est donc pas seulement une « charge », mais un sacrement : Dieu se sert d'un pauvre homme pour être, à travers lui, présent pour les hommes et agir en leur faveur. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;« Devenir reconnaissant pour le don de Dieu »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/b&gt;Cette audace de Dieu qui se confie à des êtres humains et qui, tout en connaissant nos faiblesses, considère les hommes capables d'agir et d'être présents à sa place - cette audace de Dieu est la réalité vraiment grande qui se cache dans le mot « sacerdoce ». Que Dieu nous considère capables de cela, que de cette manière il appelle les hommes à son service et qu'ainsi de l'intérieur il se lie à eux : c'est ce que, en cette année, nous voulions considérer et comprendre à nouveau. Nous voulions réveiller la joie que Dieu nous soit si proche, et la gratitude pour le fait qu'il se confie à notre faiblesse ; qu'il nous conduise et nous soutienne jour après jour. Nous voulions aussi ainsi montrer à nouveau aux jeunes que cette vocation, cette communion de service pour Dieu et avec Dieu, existe - et plus encore, que Dieu est en attente de notre « oui ». Avec l'Église, nous voulions à nouveau faire noter que cette vocation nous devons la demander à Dieu. Nous demandons des ouvriers pour la moisson de Dieu, et cette requête faite à Dieu c'est, en même temps, Dieu qui frappe à la porte du c&#339;ur des jeunes qui se considèrent capables de ce dont Dieu les considère capables. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pouvait s'attendre à ce que cette nouvelle mise en lumière du sacerdoce déplaise à « l'Ennemi » ; il aurait préféré le voir disparaître, pour qu'en fin de compte Dieu soit repoussé hors du monde. Et il est ainsi arrivé que, proprement au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres - en particulier l'abus à l'égard des petits, où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu à l'égard de l'homme se trouve retourné en son contraire. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous aussi nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir ; promettre que dans l'admission au ministère sacerdotal et dans la formation délivrée au cours du parcours qui y prépare, nous ferons tout ce qui est possible pour examiner attentivement l'authenticité de la vocation et que nous voulons mieux encore accompagner les prêtres sur leur chemin, afin que le Seigneur les protège et les garde dans les situations difficiles et face aux dangers de la vie. Si l'Année sacerdotale avait dû être une glorification de notre prestation humaine personnelle, elle aurait été détruite par ces événements. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais il s'agissait pour nous exactement du contraire : devenir reconnaissant pour le don de Dieu, un don qui se cache « dans des vases d'argile » et qui toujours de nouveau, à travers toute la faiblesse humaine, rend concret son amour en ce monde. Nous considérons ainsi que ce qui est arrivé est un devoir de purification, un devoir qui nous porte vers l'avenir et qui, d'autant plus, nous fait reconnaître et aimer le grand don de Dieu. De cette façon, le don devient l'engagement de répondre au courage et à l'humilité de Dieu par notre courage et notre humilité. La parole du Christ, que nous avons chanté comme chant d'entrée dans la liturgie de ce jour, peut nous suggérer en cette heure ce que signifie devenir et être prêtre : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de c&#339;ur » (&lt;i&gt;Mt&lt;/i&gt; 11, 29).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous célébrons la fête du Sacré C&#339;ur de Jésus et nous jetons avec la liturgie, pour ainsi dire, un regard dans le c&#339;ur de Jésus qui, dans la mort, fut ouvert par la lance du soldat romain. Oui, son c&#339;ur est ouvert pour nous et devant nous - et ainsi, le c&#339;ur de Dieu lui-même nous est ouvert. La liturgie interprète pour nous le langage du c&#339;ur de Jésus, qui parle surtout de Dieu en tant que pasteur des hommes et nous présente de cette façon le sacerdoce de Jésus, qui est enraciné dans les profondeurs de son c&#339;ur ; elle nous indique ainsi le fondement durable, tout autant que le critère valable, de tout ministère sacerdotal, qui doit être ancré dans le c&#339;ur de Jésus et être vécu à partir de lui. Je voudrais aujourd'hui méditer surtout sur les textes avec lesquels l'Église qui prie répond à la Parole de Dieu donnée dans les lectures. Dans ces chants, la parole et la réponse se compénètrent. D'une part, eux-mêmes sont tirés de la Parole de Dieu, mais d'autre part, ils sont en même temps déjà la réponse de l'homme à une telle Parole, une réponse dans laquelle la Parole elle-même se communique et entre dans notre vie. Le plus important de ces textes dans la liturgie de ce jour est le &lt;i&gt;Psaume&lt;/i&gt; 23 (22) - « Le Seigneur est mon berger » -, à travers lequel l'Israël priant a accueilli l'autorévélation de Dieu comme pasteur, et en a fait l'orientation pour sa vie. « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien » : dans ce premier verset, la joie et la gratitude s'expriment pour le fait que Dieu est présent et qu'il s'occupe de l'homme. La lecture tirée du &lt;i&gt;Livre d'Ézéchiel&lt;/i&gt; débute par le même thème : « J'irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles » (&lt;i&gt;Ez&lt;/i&gt; 34, 11). &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;La tendresse de Dieu&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/b&gt;Dieu prend personnellement soin de moi, de nous, de l'humanité. Je ne suis pas laissé seul, perdu dans l'univers et dans une société devant laquelle on demeure toujours plus désorientés. Il prend soin de moi. Il n'est pas un Dieu lointain, pour lequel ma vie compterait très peu. Les religions du monde, d'après ce que l'on peut voir, ont toujours su que, en dernière analyse, il y a un seul Dieu. Mais un tel Dieu demeurait lointain. Apparemment celui-ci abandonnait le monde à d'autres puissances et à d'autres forces, à d'autres divinités. De cela, il fallait s'accommoder. Le Dieu unique était bon, mais lointain cependant. Il ne constituait pas un danger, mais il n'offrait pas davantage une aide. Il n'était donc pas nécessaire de se préoccuper de lui. Il ne dominait pas. Étrangement, cette pensée est réapparue avec les Lumières. On comprenait encore que le monde supposait un Créateur. Cependant, ce Dieu avait construit le monde et s'en était ensuite évidemment retiré. À présent, le monde avait un ensemble de lois suivant lesquelles il se développait et sur lequel Dieu n'intervenait pas, ni ne pouvait intervenir. Dieu ne constituait qu'une origine lointaine. Beaucoup peut-être ne désiraient pas non plus que Dieu prenne soin d'eux. Ils ne voulaient pas être dérangés par Dieu. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais là où la tendresse et l'amour de Dieu sont perçus comme une gêne, là l'être humain est faussé. Il est beau et consolant de savoir qu'il y a une personne qui m'aime et qui prend soin de moi. Mais il est encore plus décisif qu'existe ce Dieu qui me connaît, qui m'aime et se préoccupe de moi. « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (&lt;i&gt;Jn&lt;/i&gt; 10, 14), dit l'Église avant l'Évangile (de ce jour) avec une parole du Seigneur. Dieu me connaît, il se préoccupe de moi. Cette pensée devrait nous rendre véritablement joyeux. Laissons cela pénétrer profondément en nous. Alors nous comprendrons aussi ce qu'elle signifie : Dieu veut que nous, en tant que prêtres, en un petit point de l'histoire, nous partagions ses préoccupations pour les hommes. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En tant que prêtres, nous voulons être des personnes qui, en communion avec sa tendresse pour les hommes, prenons soin d'eux, leur permettons d'expérimenter concrètement cette tendresse de Dieu. Et, à l'égard du milieu qui lui est confié, le prêtre, avec le Seigneur, devrait pouvoir dire : « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent ». « Connaître », au sens des Saintes Écritures, n'est jamais seulement un savoir extérieur, comme on connaît le numéro de téléphone d'une personne. « Connaître » signifie être intérieurement proche de l'autre. L'aimer. Nous devrions chercher à « connaître » les hommes de la part de Dieu et en vue de Dieu ; nous devrions chercher à cheminer avec eux sur la voie de l'amitié avec Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Revenons à notre &lt;i&gt;Psaume&lt;/i&gt;. Il y est dit : « Il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure » (23 (22), 3-4). Le pasteur indique le juste chemin à ceux qui lui sont confiés. Il les précède et il les guide. Disons-le autrement : le Seigneur nous dévoile comment l'être humain s'accomplit de façon juste. Il nous enseigne l'art d'être une personne. Que dois-je faire pour ne pas précipiter, pour ne pas gaspiller ma vie dans l'absence de sens ? C'est précisément la question que tout homme doit se poser et qui vaut pour tout âge de la vie. Et quelle obscurité existe autour de cette question en notre temps ! Toujours de nouveau, nous vient à l'esprit la parole de Jésus, lequel avait compassion des hommes, parce qu'ils étaient comme des brebis sans pasteur. Seigneur, aie pitié aussi de nous ! Indique-nous le chemin ! &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De l'Évangile, nous savons cela : Il est lui-même la vie. Vivre avec le Christ, le suivre - cela signifie découvrir le juste chemin, afin que notre vie acquiert du sens et afin que nous puissions dire : « Oui, vivre a été une bonne chose ». Le peuple d'Israël était et est reconnaissant à Dieu, parce qu'à travers les Commandements il a indiqué la route de la vie. Le grand &lt;i&gt;Psaume&lt;/i&gt; 119 (118) est une seule expression de joie pour ce fait : nous n'avançons pas à tâtons dans l'obscurité. Dieu nous a montré quel est le chemin, comment nous pouvons cheminer de façon juste. Ce que les Commandements disent a été synthétisé dans la vie de Jésus et est devenu un modèle vivant. Nous comprenons ainsi que ces directives de Dieu ne sont pas des chaînes, mais sont la voie qu'Il nous indique. Nous pouvons en être heureux et nous réjouir parce que dans le Christ elles sont devant nous comme une réalité vécue. Lui-même nous a rendus heureux. Dans notre cheminement avec le Christ, nous faisons l'expérience de la joie de la Révélation, et comme prêtres nous devons communiquer aux gens la joie liée au fait que nous a été indiquée la voie juste.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a ensuite la parole concernant « le ravin de la mort » à travers lequel le Seigneur guide l'homme. La route de chacun de nous nous conduira un jour dans le ravin obscur de la mort dans lequel personne ne peut nous accompagner. Et il sera là. Le Christ lui-même est descendu dans la nuit obscure de la mort. Là aussi, il ne nous abandonne pas. Là aussi, il nous guide. Si « je descends chez les morts : te voici » dit le &lt;i&gt;Psaume&lt;/i&gt; 139 (138). Oui, tu es aussi présent dans l'ultime labeur, et ainsi, notre Psaume responsorial peut-il dire : là aussi, dans le ravin de la mort, je ne crains aucun mal. En parlant du ravin obscur nous pouvons, cependant, penser aussi aux vallées obscures de la tentation, du découragement, de l'épreuve, que tout être humain doit traverser. Dans ces vallées ténébreuses de la vie, il est là aussi. Oui, Seigneur, dans les obscurités de la tentation ; dans les heures sombres où toutes les lumières semblent s'éteindre, montre-moi que tu es là. Aide-nous, prêtres, afin que nous puissions être auprès des personnes qui nous sont confiés et qui sont dans ces nuits obscures. Afin que nous puissions leur montrer ta lumière.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Le bâton et la houlette&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/b&gt;« Ton bâton me guide et me rassure » : le pasteur a besoin du bâton contre les bêtes sauvages qui veulent faire irruption dans le troupeau ; contre les brigands qui cherchent leur butin. À côté du bâton, il y a la houlette qui offre un appui et une aide pour traverser les passages difficiles. Les deux réalités appartiennent aussi au ministère de l'Église, au ministère du prêtre. L'Église aussi doit utiliser le bâton du pasteur, le bâton avec lequel elle protège la foi contre les falsificateurs, contre les orientations qui sont, en réalité, des désorientations. L'usage même du bâton peut être un service d'amour. Nous voyons aujourd'hui qu'il ne s'agit pas d'amour, quand on tolère des comportements indignes de la vie sacerdotale. De même il ne s'agit pas non plus d'amour quand on laisse proliférer l'hérésie, la déformation et la décomposition de la foi, comme si nous inventions la foi de façon autonome. Comme si elle n'était plus le don de Dieu, la perle précieuse que nous ne nous laissons pas dérober. Toutefois, en même temps, le bâton doit toujours redevenir la houlette du pasteur - la houlette qui aide les hommes à pouvoir marcher sur les sentiers difficiles et à suivre le Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À la fin du &lt;i&gt;Psaume&lt;/i&gt;, on évoque le banquet préparé, l'huile dont la tête est ointe, le calice débordant, la possibilité d'habiter avec le Seigneur. Dans le &lt;i&gt;Psaume&lt;/i&gt;, ceci exprime avant tout la perspective de la joie festive qui accompagne le fait d'être avec Dieu dans le temple, d'être accueilli et servi par Lui, de pouvoir habiter auprès de Lui. Pour nous qui prions ce &lt;i&gt;Psaume&lt;/i&gt; avec le Christ et avec son Corps qui est l'Église, cette perspective d'espérance a acquis une amplitude et une profondeur encore plus grandes. Nous voyons dans ces paroles, pour ainsi dire, une anticipation prophétique du mystère de l'Eucharistie dans lequel Dieu en personne nous accueille en s'offrant lui-même à nous comme nourriture - comme ce pain et ce vin excellents qui, seuls, peuvent constituer la réponse ultime à la faim et à la soif intimes de l'homme. Comment ne pas être heureux de pouvoir chaque jour être les hôtes de la table même de Dieu, d'habiter près de Lui ? Comment ne pas être heureux du fait qu'il nous a laissé ce commandement : « Faites cela en mémoire de moi » ? Heureux parce qu'Il nous a donné de préparer la table de Dieu pour les hommes, de leur donner son Corps et son Sang, de leur offrir le don précieux de sa présence même. Oui, nous pouvons de tout notre c&#339;ur prier ensemble les paroles du &lt;i&gt;Psaume&lt;/i&gt; : « Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie » (23 (22), 6).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour finir, jetons encore un bref regard sur les deux chants de communion qui nous sont proposés aujourd'hui par l'Église dans sa liturgie. Il y a tout d'abord la parole avec laquelle saint Jean conclut le récit de la crucifixion de Jésus : « Un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau » (&lt;i&gt;Jn&lt;/i&gt; 19, 34). Le c&#339;ur de Jésus est transpercé par la lance. Il est ouvert, et il devient une source : l'eau et le sang qui en sortent renvoient aux deux Sacrements fondamentaux dont l'Église vit : le Baptême et l'Eucharistie. Du côté percé du Seigneur, de son c&#339;ur ouvert jaillit la source vive qui court à travers les siècles et qui fait l'Église. Le c&#339;ur ouvert est source d'un nouveau fleuve de vie ; dans ce contexte, Jean a certainement pensé aussi à la prophétie d'Ézéchiel qui voit jaillir du nouveau temple un fleuve qui donne fécondité et vie (&lt;i&gt;Ez&lt;/i&gt; 47) : Jésus lui-même est le nouveau temple, et son c&#339;ur ouvert est la source d'où sort un fleuve de vie nouvelle, qui se communique à nous dans le Baptême et l'Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La liturgie de la Solennité du Sacré C&#339;ur de Jésus prévoit, cependant aussi, comme chant à la communion une autre parole, proche de celle-là, tirée de l'&lt;i&gt;Évangile de Jean &lt;/i&gt; : Qui a soif, qu'il vienne à moi. Qu'il boive, celui qui croit en moi. L'Écriture dit : « Des fleuves d'eau vive jailliront de son c&#339;ur » (cf. &lt;i&gt;Jn&lt;/i&gt; 7, 37ss). Dans la foi, nous buvons, pour ainsi dire, de l'eau vive de la Parole de Dieu. Ainsi, le croyant devient lui-même une source, et offre à la terre desséchée de l'histoire l'eau vive. Nous le voyons chez les saints. Nous le voyons avec Marie qui, femme grande en foi et en amour, est devenue au long des siècles source de foi, d'amour et de vie. Chaque chrétien et chaque prêtre devrait, à partir du Christ, devenir une source qui communique la vie aux autres. Nous devrions donner l'eau de la vie à un monde assoiffé. Seigneur, nous te remercions parce que tu as ouvert ton c&#339;ur pour nous ; parce que dans ta mort et dans ta résurrection tu es devenu source de vie. Fais que nous soyons des personnes vivantes, vivantes de ta source, et donne-nous de pouvoir être nous aussi des sources, en mesure de donner à notre temps l'eau de la vie. Nous te remercions pour la grâce du ministère sacerdotal. Seigneur bénis-nous et bénis tous les hommes de ce temps qui sont assoiffés et en recherche. Amen.&lt;/p&gt;</description>
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		<dc:date>2010-06-18T10:29:16Z</dc:date>
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