Benoît XVI crée un dicastère pour la nouvelle évangélisation
« Il y a des régions du monde qui attendent encore une première évangélisation ; d’autres qui l’ont reçu, mais qui ont besoin d’un travail plus en profondeur ; d’autres encore dans lesquels l’Évangile s’est enraciné depuis longtemps, donnant lieu à une véritable tradition chrétienne, mais dans les derniers siècles - avec une dynamique complexe - le processus de sécularisation a produit une grave crise du sens de la foi chrétienne et de l’appartenance à l’Église. »
On peut notamment reconnaître en cette dernière catégorie, l’Europe et l’Amérique du Nord, et tout particulièrement la France, la Fille aînée de l’Église devenue le berceau d’un laïcisme aux épigones prônant la sécularisation à outrance.
L’Église est jeune
Ce faisant l’héritier de la tradition apostolique de l’Église, Benoit XVI a voulu montrer combien l’action de l’Église dépendait entièrement de sa mission.
« En recevant cet héritage, j’ai pu affirmer, au début de mon ministère pétrinien, que l’Église est jeune, ouverte à l’avenir. Et je le répète aujourd’hui, à proximité de la tombe de Paul : l’Église est dans le monde une immense force de renouvellement, non pas assurément par ses propres forces, mais par la force de l’Évangile, dans lequel souffle l’Esprit Saint de Dieu, le Dieu créateur et rédempteur du monde. Les défis de l’époque actuelle sont au-delà des capacités humaines : ces défis, ce sont les défis historiques et sociaux, et à plus forte raison les défis spirituels... »
Ce qu’est l’Église dépend notamment de la place qu’elle prend dans notre monde contemporain. Ainsi, si la société dans laquelle nous vivons ne reconnaît pas le Dieu que nous aimons et est étrangère au sens du sacré, alors la mission de l’Église ne fait que commencer.
« Même l’homme du troisième millénaire désire une vie authentique et pleine, il a besoin de vérité, d’une profonde liberté, d’un amour gratuit. Même dans les déserts du monde sécularisé, l’âme de l’homme a soif de Dieu, du Dieu vivant. Pour cette raison, Jean-Paul II a écrit : “La mission du Christ rédempteur, confiée à l’Église, est encore bien lointaine de son accomplissement”, et il a ajouté : “Un regard d’ensemble sur l’humanité montre qu’une telle mission est encore à ses débuts et que nous devons nous employer de toutes nos forces à son service” (Redemptoris missio, 1). »
C’est dans cette perspective et pour assumer pleinement cette mission que le pape a « décidé de créer un nouvel organisme, sous la forme d’un “Conseil Pontifical”, avec pour tâche précise de promouvoir une nouvelle évangélisation dans les pays dans lesquels a déjà résonné la première annonce de la foi et où sont présentes des Églises de fondation ancienne, mais qui sont en train de vivre une sécularisation continue de la société et une sorte d’éclipse du sens de Dieu, lesquels constituent un défi pour trouver les moyens adéquats afin de proposer de nouveau l’éternelle vérité de l’Évangile du Christ. »
Le nouveau Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation sera présidé par Mgr Rino Fisichella (photo), actuel président de l’Académie pontificale pour le vie et recteur de l’université du Latran. Il est également depuis quinze ans aumônier des parlementaires italiens.