Benoît XVI : « Très chers évêques, soyez des hommes de prière ! »
Le pape a rencontré samedi, à Castel Gandolfo, 112 évêques, venus de différents pays, nommés ces douze derniers mois.
Lors de l’audience, le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques, a expliqué que ces « journées de prière, de réflexion et d’étude ont pour but de réfléchir en profondeur sur la manière d’être évêque dans l’Eglise en ce début du troisième millénaire, marqué par la sécularisation et la ‘dictature’ du relativisme ».
L’évêque : père et pasteur
Benoît XVI a ainsi approfondit le décret Christus Dominus du 28 octobre 1965, sur la charge pastorale des évêques, par l’affirmation du « caractère apostolique et pastoral de la prière de l’évêque ».
Il a expliqué que malgré la diversité des engagements d’un évêque, dans son ministère « la première place (...) doit être réservée à Dieu ». De part leur « charge de père et de pasteur » exposée dans le décret Christus Dominus, les évêques doivent être « au milieu de leur peuple [...] de vrais pères, qui s’imposent par leur esprit d’amour et de dévouement envers tous. »
Or « pour accueillir tous ceux qui ont recours à l’évêque », le pape rappelle que la prière est « une éducation à l’amour et ouvre le cœur à la charité pastorale ». Car, a expliqué le pape, en citant la pensée de saint Grégoire le Grand, « le pasteur enraciné dans la contemplation sait accueillir les besoins des autres, qu’il fait siens dans la prière ».
S’adressant directement aux évêques présents, le pape les a exhorté à réserver une place particulière à la prière pour leurs prêtres en précisant qu’il est particulièrement « édifiant » pour un prêtre de « savoir que l’évêque duquel il a reçu le don du sacerdoce ou qui est en tout cas pour lui un père et un ami, est proche de lui dans la prière, dans l’affection, et est toujours prêt à l’accueillir, l’écouter, le soutenir et l’encourager ».
Benoît XVI a ajouté que l’évêque ne peut non plus manquer de prier pour les nouvelles vocations. « Celles-ci doivent être demandées avec insistance à Dieu, afin qu’il appelle ‘ceux qu’il souhaite’ pour le ministère sacré ».
L’exercice du ministère de sanctification
La charge des évêques est lorude aujourd’hui, elle consiste, selon le Saint-Père, à devenir « des animateurs de prières dans la société ».
Le décret sur la charge pastorale des évêques rappelle en effet qu’« “assidus à la prière et au ministère de la parole” (Act. 6. 4), les Evêques [doivent travailler] à obtenir que tous ceux dont ils ont reçu la charge soient unanimes dans la prière, et que par la réception des sacrements, ils croissent dans la grâce et soient pour le Seigneur des témoins fidèles. »
« Dans les villes dans lesquelles vous vivez et oeuvrez, frénétiques et bruyantes, où l’homme court et se perd, où l’on vit comme si Dieu n’existait pas, sachez créer des lieux et des occasions de prière, où, dans le silence, dans l’écoute de Dieu à travers la lectio divina, dans la prière personnelle et communautaire, l’homme puisse rencontrer Dieu et faire l’expérience vivante de Jésus Christ qui révèle le vrai visage du Père », a déclaré Benoît XVI.
« Ne vous lassez pas d’oeuvrer pour que les paroisses et les sanctuaires, les lieux d’éducation et de souffrance, mais également les familles, deviennent des lieux de communion avec le Seigneur », a-t-il poursuivi.
« En un mot, très chers évêques, soyez des hommes de prière ! Comme Moïse, gardez les mains levées vers le ciel, pendant que vos fidèles mènent le bon combat de la foi. Comme Marie, sachez chaque jour louer Dieu pour le salut qu’il opère dans l’Eglise et dans le monde, convaincus que rien n’est impossible à Dieu ».