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Puce Assise : les précautions de Benoît XVI
27 octobre 2011 - par Philippe de Saint-Germain
Pourquoi et comment Benoît XVI a organisé le vingt-cinquième anniversaire de la première rencontre d’Assise ? Jean Paul II lui-même regrettait les fausses interprétations de « l’esprit d’Assise ». L’histoire a montré qu’il ne suffisait pas de distinguer « ensemble pour prier » et « prier ensemble » pour que les pires confusions s’installent.

Les craintes du cardinal Ratzinger sur les dérives syncrétiques qui risquaient de se répandre pour s’approprier « l’esprit d’Assise » étaient connues. Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi ne s’était pas rendu à la première édition, en 1986. Mais le successeur de Jean Paul II a voulu commémorer l’événement pour mieux en expliquer le sens.

Le pape a introduit deux nouveautés dans la « Journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde ». L’invitation a été adressée non seulement à des représentants des religions du monde entier mais également à des intellectuels non-croyants. Parmi eux, la philosophe et psychanalyste française Julia Kristeva (photo).

Seconde nouveauté : à aucun moment, les participants seront réunis en assemblée de prière visible, ni en commun ni en parallèle, contrairement à ce qui avait été fait en 1986. Les invités seront seulement conviés à des temps de recueillement privé (prière, silence, ou réflexion) « dans le secret des chambres », chacun selon son appartenance.

L’événement se présente donc davantage comme un colloque de personnes de bonne volonté, ouvertes à la recherche de l’homme sur le sens de l’existence et la construction de la paix, que comme un événement interreligieux au sens strict. C’est d’ailleurs le cardinal Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, qui a ouvert la journée, signe que le dialogue engagé est plus de l’ordre social et culturel que spirituel. Une sorte de nouveau Parvis des gentils, suggère le vaticaniste Sandro Magister.

« Rendre impossible toute interprétation syncrétiste ou relativiste »

En mars 2011, Benoît XVI avait expliqué au pasteur luthérien allemand Peter Beyerhaus, un ami de longue date, le véritable motif de la convocation à cette nouvelle rencontre d’Assise, et ses précautions, dans une lettre publiée par Magister :

« Je comprends très bien - écrit le pape - votre préoccupation en ce qui concerne la participation à la rencontre d’Assise. Mais il fallait de toute façon fêter cette commémoration et il m’a semblé que le mieux, après tout, était de m’y rendre en personne, afin de pouvoir ainsi essayer de déterminer la direction de l’ensemble. Toutefois je ferai tout ce que je pourrai pour qu’une interprétation syncrétiste ou relativiste de l’événement soit impossible et pour qu’il reste bien clair que je croirai et confesserai toujours ce que j’ai rappelé à l’attention de l’Église dans Dominus Jesus. »

Ce texte inédit a été rendu public le 1er octobre dernier, avec l’autorisation du pasteur Beyerhaus, lors d’un colloque organisé à Rome par l’association Catholica Spes.

Sources : Vatican Information services, http://chiesa.espresso.repubblica.it
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